La colonisation française de l'Algérie

Publié le par Ahmed Miloud

Avant-propos

La colonisation française de l'Algérie avait deux buts principaux : la christianisation du peuple algérien et mettre main-basse sur les ressources naturelles .Pour atteindre ces buts, elle pratiqua la politique de la terre brûlée.

Cette politique meurtrière fut combattue dès l'arrivée des troupes coloniales françaises en Algérie par l'Emir Abdelkader,puis par d'autres figures de la lutte algérienne dont l'histoire glorieuse est conservée dans la mémoire collective du peuple algérien.

A ceux des algériens qui avaient opté pour l'assimilation de l'identité coloniale française, le Cheikh Ibn Badis rétorqua:  

"Certains élus locaux et un groupe de notables et de hauts fonctionnaires ont dit que le peuple musulman algérien s'accorde à se considérer comme un peuple spécifiquement, n'ayant d'autre personnalité que la nationalité française, que son idéal c'est son assimilation complète à la France et que son désir unique serait de voir la France lui tendre tout de suite la main et aplanir toutes difficultés auxquelles se heurtait cette assimilation. Bien mieux, un élu avisé a dit avoir cherché vainement une nationalité algérienne et a déclaré que, même dans l'histoire, il ne lui avait trouvé aucune place; dernièrement, ayant reçu l'illumination d'en haut, ce même élu se mit à crier "La France c'est moi". Non messieurs, nous parlons, nous, au nom d'une partie du peuple, nous pouvons même dire que nous parlons pour la majorité du peuple [...] Nous aussi avons cherché dans l'histoire et dans le présent, nous avons constaté que la nation algérienne musulmans s'est formée et existe comme se sont formées les nations de la terre encore existantes. Cette nation a son histoire illustrée des plus hauts faits: elle a son unité religieuse et linguistique, elle a sa culture, ses traditions et ses caractéristiques bonnes ou mauvaises, comme c'est le cas de toute nation sur terre. Nous disons ensuite que cette nation algérienne musulmane n'est pas la France, ne peut être la France. Il est impossible qu'elle soit la France même si elle veut l'assimilation; elle a un territoire bien déterminé qui est l'Algérie avec ses limites actuelles [...] Ce peuple musulman algérien n'est pas la France, il ne peut pas être la France et, même s'il le voulait, il ne le pourrait pas, car c'est un peuple très éloigné de la France, par sa langue, ses mœurs, son origine et sa religion. Il ne veut pas s'assimiler."(Kaddache Mahfoud, Histoire du nationalisme algérien, T 1, 1939-1951, op. cit., page 395)

MON GRAIN DE SEL :

La FRANCE COLONIALE, s'était imaginée conquérir un pays pour elle-même.  Mais elle avait oublié que la juiverie internationale avait été derrière ce projet.

Conquête qui été impérative pour la juiverie internationale dans le cadre du programme de la destruction du KHALIFAT – EMPIRE OTTOMAN.

PARCE QUE L’ISLAM EST LE SEUL OBSTACLE POUR LEUR MAIN MISE SUR LE MONDE.

Publié par :  KAM.

Source : Blog LBE
Petite explication de texte sur les raisons (juive) de la colonisation de l’Algérie. Ou comment le régime maçonnique français qui souhaitait aller faire la guerre en Égypte, la célèbre campagne du même nom (pour quoi faire d’ailleurs ? Suivez mon regard vers Jérusalem que Napoléon voulait libérer des Ottomans pour la rendre aux juifs, déjà !) et qui avait besoin de blé pour nourrir ses troupes a emprunté 14 millions de Francs-Or en Blé auprès de la régence d’Alger.Pour un faux pays sensé être aride, dépeuplé et incapable de nourrir sa propre population (selon la légende des Zemmour, Soral, Lugan, San Giorgio, Ryssen, et autres racialistes hypocrites) cela laisse perplexe sur la mythologie de l’enseignement de l’Histoire en France. Le reste appartient à la légende de la tribu criminelle de Judas, dont un  membre de la famille Bacri, les intermédiaires[1], auprès du Dey d’Alger, a indûment encaissé des millions de Francs-or, spoliant l’état algérien avec pour conséquence (voulue et planifiée) de le plonger dans une colonisation sanguinaire et le massacre de près de huit millions d’autochtones en un peu moins de 40 ans. Pour info lisez Histoire d’un parjure de Michel Habart. Main basse sur Alger, enquête sur un pillage de Pierre Péan ouvrage lui-même basé sur La vérité sur l’expédition d’Alger d’Amar Hamdani. Tout y est !

« Dans son intervention lors du forum de la Sûreté nationale, M. Chikhi a soutenu que l’occupation française de l’Algérie en 1830 constituait « une agression d’un État contre un autre, car l’Algérie était à l’époque un État avec toutes ses composantes contrairement aux assertions de la France ». Pour preuve, le directeur général des Archives nationales citera la centaine de conventions et accords conclus par l’Algérie de 1600 à 1830 avec de grands pays tels la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Allemagne dont 79 avec la France, estimant que ces accords constituaient « une preuve légale que l’Algérie était, à l’époque, un État souverain ».»[2]

Je conseille à ceux qui sont encore dans le paradigme de l’Arabe colonisé, incapable de vivre sans son ancien maître, de lire de toute urgence Histoire d’un parjure. Il ne s’agit dans cet ouvrage que d’informations et de citations issues de la presse française de l’époque et de paroles d’hommes politiques et militaires directement impliqués dans la conquête de l’Algérie. Il est malheureusement introuvable en édition imprimé, uniquement disponible en PDF. Personne ne veut le rééditer, alors que Mein kampf est réédité sans problème. Les nazis francs-maçons républicains font plus peur que le national-socialisme du IIIe Reich. Étonnant !

Source :

https://blideodz.wordpress.com/2017/10/31/les-contes-et-legendes-doncle-samuel-2-par-lbe-2-videos/

Suite,source :

https://blideodz.wordpress.com/2017/10/31/les-contes-et-legendes-doncle-samuel-2-par-lbe-2-videos/

Bacri et Busnach, deux traitres qui ont facilité l’invasion de l’Algérie

 


« La guerre, c’est des gens qui s’entretuent et ne se connaissent pas, au profit de gens qui eux se connaissent très bien mais ne s’entretueront jamais ».

Message au grand « détricoteur du roman national algérien » qu’est Alain Soral, lui qui propose des solutions aux autres qu’il devrait en réalité appliquer à lui-même. Ce chantre du mensonge, de la falsification et du parjure devrait lire ce résumé de ce qu’il appelle les bienfaits de la colonisation et ensuite la fermer à tout jamais comme le répétait à l’époque de sa gloire l’escroc Dieudonné.


« Entre 1830 et 1871, la population algérienne a chuté de plus de 30 % au point où les effets conjugués des massacres et des épidémies laissaient présager sa disparition probable. « Le peuple arabe » écrit le grand démographe Ricoux, « tend à disparaître d’une manière régulière et rapide ». Pour installer 270.000 colons entre 1830 et 1871, il aura fallu détruire 1.2 million d’Algériens, soit 5 Algériens morts pour un colon vivant. Comment dès lors qualifier ce processus long, meurtrier qui tue et crée les conditions propices à la mort ».


République maçonnique française, état imposteur d’Israël même combat !

Aux soraliens et autres « détricoteurs de roman national », vous remettez en doute les versions officielles de nombreux événements historiques, mais étrangement jamais celui de la colonisation en Algérie. Y aurait-il un gène d’hypocrisie qui sommeille en vous ?


Rien de comparable en Europe à la région de Blida. Colonel Saladin

La Kabylie est superbe, un des pays les plus riches que j’aie jamais vus. Saint Arnaud

Pays couvert d’arbres fruitiers de toutes espèces, jardins cultivés jusqu’à la mer, grande variété de légumes grâce à un système d’irrigation très bien entretenu par les Maures. Gentry de Bussy

Presque tous les hommes savent lire et compter. En France on compte à l’époque 40 % d’analphabètes. Ainsi les soldats qui débarquent sont en général moins instruits que les sauvages qu’ils viennent civiliser. Colonel Claude Antoine Rozet

Colonisation de l’Algérie au nom de la civilisation européenne par René Vautier.
La colonisation de l’Algérie

 

Préambule

Il est utile de rappeler que ce sont les juifs Joseph Cohen Bacri et Michel Busnach,commerçants à Alger,connaissant bien les finances de la Régence d'Alger, qui préparèrent la colonisation de l'Algérie,étant les espions attitrés de la France d'alors.

En effet,la France,étant au bord de la faillite,avait besoin d'urgence de fonds.Les juifs algériens nommés ci-dessus,lui apprirent que le Dey d'Alger possédait un trésor inestimable.Ce fut la raison pour laquelle l'expédition contre le Dey fut mise en route,prétextant venger le coup d'éventail donné au consul de France par le Dey d'Alger.Ce fut le plus grand hold-up de l'histoire.

Ce fut aussi pour la France une occasion d'affirmer son statut présumé de "fille aînée de l'église", en se fixant la mission d'évangélisation du peuple algérien, comme on peut le voir ci-après :

"Pour pouvoir rendre compte correctement de l’installation de l’Eglise en Algérie, et de sa tentative d’évangélisation des Algériens, il faut globalement distinguer trois périodes : la première de 1830 à 1845, qui est une période euphorique avec l’arrivée de plusieurs missions, la deuxième de 1845 à 1863 qui marque en fait une pause et qui a permis de stabiliser les différents mouvements, et la troisième la plus importante. Elle commença à partir de 1863 et eut pour acteur le cardinal Lavigerie, elle devait durer jusqu’à la mort du cardinal en 1898.

Antoine Adolphe Dupuch, prêtre, reçut la bénédiction du pape Grégoire XVI et s’installa à Alger avec quatre prêtres auxiliaires. Les Lazaristes arrivent en 1835, puis ce sera le tour des Soeurs de Saint Joseph en juillet 1835, elles s’installent à Alger et Annaba. En mai 1841, Mgr Dupuch fait appel aux Soeurs de la Doctrine Chrétienne. Elles s’installèrent à Annaba, Constantine et Skikda. Mgr Dupuch voulait christianiser par toutes les méthodes possibles, notamment par la force et surtout par la corruption. Le cardinal put de même convaincre l’Eglise de Pavie de lui permettre d’exhumer un bras de saint Augustin enterré dans cette Eglise. Enfin, par une chance tout à fait extraordinaire, il rentra en contact avec l’Emir Abdelkader et parvient à faire un échange de prisonniers avec ce dernier, ce qui assit pour un temps son pouvoir.

Après lui, ce sera Mgr Pavy qui lança la construction de Notre Dame d’Afrique et se fit remarquer par une conférence diabolisant l’Islam. Au début de 1867, le cardinal Lavigerie crée l’Association de Notre Dame d’Afrique et installe les Pères blancs et les Soeurs blanches, principalement en Kabylie.Ces missionnaires avaient la même tenue modeste et les mêmes conditions de vie que les autochtones, ils maîtrisaient la langue berbère pour mieux pénétrer la société kabyle. Deux événements majeurs qui ont permis au cardinal d’engager son action : d’abord la révolte de Mokrani, eut comme conséquence un nombre important d’orphelins et d’orphelines. Le deuxième événement, tout aussi désastreux pour l’Algérie, a été la grande famine et surtout l’épidémie. Ces deux fléaux sont responsables de la mort de plus de 500 000 habitants.

Le cardinal Lavigerie put ainsi recueillir des orphelins et soulager la misère, seulement, par la force des choses, les personnes ont été pour la plupart encouragées à abjurer leur religion. Les jeunes filles kabyles, futures piliers de l’éducation de leurs enfants, ont été l’objet d’une sollicitude particulière des soeurs. Les jeunes filles suivent un enseignement de français, le tout bien dirigé dans une optique qui rappelle à chaque moment l’omniprésence de la religion chrétienne.(5)

Les enseignants missionnaires sont choisis parmi les meilleurs de l’enseignement catholique. Ils doivent être efficaces et connaître à fond la religion à combattre et les langues, véhicules de leur doctrine (le kabyle et le chaouia). Pour pouvoir attirer les enfants à l’Eglise, les missionnaires distribuaient des bonbons. Par la suite, les missionnaires eurent pour stratégie d’isoler les enfants de leurs parents, ce problème du rapt d’enfants amenés à Alger ou en France créa de sérieux problèmes avec les autorités suite aux plaintes des parents.(6)

L’appellation par Lavigerie de « Beit Allah » n’est pas dénuée d’arrière-pensées ; à travers cette appellation, le cardinal par l’analogie avec la Mosquée appelée aussi par cette expression. De plus, dans toutes leurs actions, les missionnaires essaient de ne parler qu’en arabe, en kabyle ou en chaouia (même l’Evangile a été traduit aussi en arabe et en kabyle).Le port même du vêtement est bien choisi, il se rapproche de celui des imams (burnous, chéchia, gandoura).(7)

Le prosélytisme cessa officiellement après la promulgation de la loi de 1904. Cela ne veut pas dire qu’il cessa dans les faits. Il continua sous une forme plus civilisée ; les attaques contre le culte musulman ne cessèrent pas. C’est le cas par exemple de la part des autorités, la fameuse circulaire Michel (un Français chrétien avait la charge des affaires religieuses musulmanes).

Cependant tout a été fait pour maintenir les Algériens dans un état de superstition par l’instrumentalisation de la religion. Ainsi, le 23 août 1841 au Caire, lors d’une réunion, (présidée par Cheik el Kadiri), demandée par Bugeaud, une « fétoua », stipule que les tribus, ont le droit de ne pas obéir à Abd El-Kader, et qu’il est insensé de faire la guerre aux Chrétiens, du moment que ceux-ci laissent les Musulmans exercer librement leur culte. Bien plus tard, le 16 octobre 1856, à la demande du colonel de Neveu, chef du bureau politique d’Alger, le grand illusionniste français, Robert Houdin, se rend en Algérie. Sa mission consiste à opposer ses tours de « magie blanche » à ceux des marabouts musulmans. Son succès est éclatant. Cette technique qui consiste à instrumentaliser le sacré, grâce à des religieux inféodés, fut une constante de la politique française durant toute la colonisation. En effet au début du XXe siècle, la France demanda au cheikh Mohamed Abdou de promulguer une fetoua pour le port licite du béret. De même en 2002, le ministre de l’Intérieur Sarkozy demanda au cheikh d’El Azhar de déclarer légal pour la France de promulguer l’interdiction du foulard dans les écoles..."

Source :

 

Chaque année, l’Algérie célèbre le 1er novembre 1954,date-anniversaire du déclenchement du djihad contre la France coloniale. Cette dernière, pendant 132 ans, a fait tout pour aliéner le peuple algérien afin de le christianiser et le couper de ses racines arabo-berbères et de sa religion l’Islam.

D’innombrables mosquées ont été soit changées en églises, soit rasées.Les écoles coraniques (médersa) ont été fermées.L’histoire de l’Algérie a été falsifiée.

Ainsi, les rares algériens qui ont eu la chance d’étudier,  ont appris que les Gaulois étaient leurs ancêtres, que les Turcs ont envahi et occupé leurs pays et qu'en vérité, le christianisme, symbolisé par Saint Augustin , était leur religion originelle.

 

Mais, comme le dit un proverbe arabe, ce qui a été construit sur du faux est faux.

Couverture du livre d’histoire étudiée par les algériens durant la colonisation

« Il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures »(Jules Ferry à la Chambre des Députés, le 28/07/1885).

Il faut souligner que "race supérieure" veut dire de culture judéo-chrétienne. Le colonialisme donc est une nouvelle forme de croisade Là où il passe,il ne laisse que désastres et calamités derrière lui.

Voltaire accuse et attaque le christianisme qu’il considère comme « la plus ridicule, la plus absurde et la plus sanglante religion qui ait jamais infecté le monde. » (Lettre à Frédéric II, roi de Prusse, datée du 5 janvier 1767). Propos confirmés plus tard sur le terrain par l'occupation française de l'Algérie. Écoutons Tocqueville :

«J'ai souvent entendu… des hommes que je respecte mais que je n'approuve pas, trouver mauvais qu'on brûlât les moissons ; qu'on vidât les silos et… qu'on s'emparât des hommes sans armes, des femmes et des enfants. Ce sont là … des nécessités fâcheuses mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes, sera obligé de se soumettre… Je crois de la plus haute importance de ne laisser subsister ou s'élever aucune ville dans les domaines d'Abdelkader, détruire tout ce qui ressemble à une agrégation permanente de population». Tels sont les mots prononcés le lundi 24 mai 1847 à l'Assemblée nationale française par A. de Tocqueville né en juillet 1805 en France. Tocqueville aura la triste renommée d'avoir par ses positions encouragé les troupes coloniales à l'extermination des Algériens, par le biais de la politique de la terre brûlée, la terreur, la famine et une soumission imposée.
Tous les moyens des plus répressifs aux plus destructifs sont mis en place pour asseoir «Le pouvoir du sabre», désormais arme consciencieuse brandie aux services de la «guerre aux arabes».
Le pouvoir colonial n'ira pas de main morte. Tout est planifié afin d'augmenter le nombre des chrétiens en Algérie et faire en sorte d'anéantir ces musulmans belliqueux menaçant «les contrées acquises» par la force.

http://:https://www.djazairess.com/fr/horizons/12436

La colonisation française visait la disparition de l'individu algérien.

Selon l'ouvrage « Coloniser, exterminer » de l'historien  Olivier Le Cour Grandmaison je cite : « le bilan de la guerre, presque ininterrompue entre1830/1872 souligne son extrême violence ; il permet de prendre la mesure des massacres et des ravages commis par l'armée d'Afrique. En l'espace de quarante-deux ans, la population globale de l'Algérie est en effet passée de 3 millions d'habitants environ à 2.125.000 selon certaines estimations, soit une perte de 875.000 personnes, civiles pour l'essentiel. Le déclin démographique de l’élément arabe  était considéré comme bénéfique sur le plan social et politique, car il réduisait avantageusement le déséquilibre numérique entre les  indigènes et les colons. » Plusieurs observateurs s'accordent à dire que la conquête de l’Algérie a causé la disparition de presque un tiers de la population algérienne. Guy  de Maupassant écrivait dans Au Soleil  en 1884 je le cite « Il est certain aussi que la population primitive disparaîtra peu à peu; il est indubitable que cette disparition sera fort utile à l'Algérie, mais il est révoltant qu'elle ait lieu dans les conditions où elle s'accomplit."

Source :

http://www.babzman.com/histoire/algerie/colonisation/

L'overblogueur

 

                                            Ce que fut la colonisation proprement dite

Le plus grand hold-up du 19e siècle

 

Juillet 1830 évoque en général pour les Algériens le début d'une colonisation d'incarnation atroce et définitive qui a duré jusqu'en juillet 1962.

La calamité a été telle que l'on oublie souvent que juillet 1830 est aussi la date du plus grand hold-up commis à l'échelle d'un Etat contre un autre Etat souverain. Le fait qui a conditionné le plus la décision de la prise d'Alger est l'existence d'un grand trésor de la Régence. Au moins dix ans avant 1830, date du débarquement de l'armée française à Alger, des espions du Roi Charles X entre autres le Consul Pierre Deval et les Juifs Joseph Cohen Bacri et Michel Busnach collectaient des informations sur le trésor de la Régence et sa valeur. 

L'historien Marcel Emérit qui a effectué une grande enquête qui s'est déroulée sur plusieurs années avait conclu en 1954 que l'histoire algérienne de la France avait commencé par un énorme hold-up. En 1964, Charles-André Julien confirmait la thèse du professeur Marcel Emérit. En 1984, le journaliste écrivain algérien Amar Hamdani confortait à son tour Marcel Emérit en constituant une très riche bibliographie sur ce sujet. 

Cette histoire du trésor de l'Algérie pillé en juillet 1830, ressemble curieusement aux motivations qui ont poussé Bush et ses complices à mettre leur main sur les trésors de l'Irak et de l'Afghanistan puis Barack Obama et ses satellites sur le Sud du Soudan et la Libye. 

Charles X acculé par un mouvement d'opposition interne hétéroclite avait échafaudé avec ses conseillers, la stratégie du pillage du trésor de l'Algérie afin d'amadouer ses opposants et calmer le peuple. Il a confié cette mission du hold-up au maréchal De Bourmont pour sauver sa monarchie corrompue au nom de la chrétienté et le bien de l'Europe entière. Mais aussi paraît-il pour mettre fin aux actes de piraterie barbaresque et venger le Consul du Roi souffleté par le chef des pirates. On est bien dans l'histoire du voleur volé et du criminel victime. 

La propagande préliminaire ressemble exactement à la propagande utilisée contre l'Irak, l'Afghanistan, le Sud du Soudan et la Libye et bientôt la Syrie et l'Iran. Pour constater cela, passons en revue la proclamation du colonel De Clermont-Tonnerre, arabisant aidé par l'orientaliste Sylvestre de Sacy à l'attention des Algériens : 

«Nous, les Français, vos amis, partons pour Alger. Nous allons en chasser les Turcs, vos tyrans. …Nous ne conquérons pas la ville pour en devenir les maîtres. Nous le jurons par notre sang…, soyez unis à nous, soyez dignes de notre protection et vous régnerez comme autrefois dans votre pays en maître indépendants de votre patrie… Les Français agiront avec vous comme ils agissaient il y a trente ans avec vos frères bien-aimés les Egyptiens. Nous nous engageons à respecter vos trésors, vos propriétés et votre sainte religion…. Venez à nous, vous nous ferez plaisir et votre amitié sera avantageuse…. Nous vivrons en paix pour votre bonheur et pour le nôtre». 

Cette proclamation a été tirée discrètement par Engelmann à 400 exemplaires confiés à une délégation de trois spécialistes du monde musulman Brun d'Aubignosc, le colonel Geradin et le Consul Raimbert qui sont les espions de Bourmont. Ces agents avec proclamation ont procédé aux préparatifs pour semer la division et faire démarrer une guerre psychologique contre le Dey afin de l'isoler à l'intérieur de la Régence comme à l'extérieur. Cette stratégie n'a pas pris une seule ride aujourd'hui. 

Au lieu de la proclamation en 400 exemplaires, maintenant la chaîne de télévision El Jazzera remplace tous les espions, les orientalistes et les stratèges militaires pour les préparatifs de la conquête des pays arabo-musulmans et le pillage de leurs trésors. Quelle répétition à l'identique de la tragédie terrible du monde arabo-musulman ! C'est toujours pour un idéal de paix, d'amitié, de liberté, aujourd'hui de démocratie et d'ingérence humanitaire que l'Occident écrase, massacre, détruit, pille, divise, anéantit et réduit à l'esclavage le monde arabo-musulman. 

Au fait, d'autres proclamations que nous ne citerons pas ont été rédigées pour tromper et ruser. Les Algériens de l'époque ont cru à toutes ces tromperies comme Adam avait cru Satan parce qu'il lui a juré par Dieu. Ils ont déchanté rapidement devant la réalité du hold-up suivi immédiatement par la colonisation et ses conséquences dévastatrices. Le maréchal De Bourmont après avoir eu la reddition du Dey, organisa une opération de diversion dans la Casbah en incitant des Juifs et quelques Arabes au pillage des maisons et des commerces. Au même moment, il pénètre avec une commission des finances au trésor de la Régence accompagné du Khaznadji qui ouvre la grande porte. Nous ne nous étendons pas sur les détails mais le trésor a été estimé à 62 tonnes d'or et 240 tonnes d'argent. Il n'a pas été tenu compte des lingots, des bijoux, des pierres et des diamants. En francs de l'époque, le tonnage de l'or et de l'argent est évalué à 240 millions. L'évaluation de ce qui n'a pas été pris en compte est de 200 millions de francs (estimation de Pierre Péan qui a enquêté sur ce trésor et publié les résultats de son enquête dans un livre sorti en 2004 chez Plon, intitulé «main basse sur Alger», 271 p. plus annexes). 

Le 25 août 1830, dans le vieux port de Ville franche, deux bricks battant pavillon russe et portant les numéros 36 et 60 entrent au Royaume de Sardaigne dans la discrétion contenant le trésor d'Alger évalué finalement par P. Péan à 5,7 milliards d'euros. Ce trésor a été partagé en grande partie entre le maréchal De Bourmont, Louis Philippe, les frères Schneider et les Seillière. En 1848, les usines du Creusot d'où sortent canons, bateaux, rails et locomotives ont vu le jour grâce au trésor d'Alger. Pour récapituler, la France doit déjà un million de pièces d'or prêté par le Dey au temps des Conventionnels pour casser le blocus de l'Angleterre contre la Révolution. Pour annuler cette dette et piller Alger, la meilleure solution pour le pays des Lumières c'est la conquête. Voilà ce qu'on appelle rendre un bien immense par un mal immense. 

Les Algériens doivent réfléchir pour récupérer ce bien qui est un droit imprescriptible. La France officielle qui n'a pas tué un seul Juif pendant la seconde guerre mondiale, paie des dommages et intérêts aux Juifs de France et à l'entité sioniste en plus de sa repentance continuelle jusqu'à ne pas relever la tête. Elle a pillé un pays et un peuple à l'échelle d'un continent et exterminé des millions d'Algériens de 1830 jusqu'à 1962, non seulement elle ne paie rien en plus elle ne veut ni demander pardon ni reconnaître ce crime équivalent à des centaines d'Holocauste et de surcroit, continue à afficher sa morgue et son mépris pour l'Algérien. 

Les Américains pour annuler leurs dettes et piller des trésors immenses ont pris l'Irak, l'Afghanistan, le Sud du Soudan, la Libye et préparent leur coup contre la Syrie et l'Iran. L'Occident, à l'exception des pays nordiques, a prospéré sur les guerres injustes, militaires et économiques. Ce sont là les fondamentaux de ces pays qui se disent démocratiques. Nous devons bien méditer cela. 

Abdesselam Kadi. 
Docteur d'université Ancien cadre de la SNTF

Un aperçu de la barbarie colonialiste française

 
Quarante années de massacres
 
 

Donc, le 14 juin 1830, les troupes françaises débarquèrent à Sidi Ferruch, plage de sable située à une vingtaine de kilomètres d’Alger, et quelques jours après, Alger attaqué à revers, tombait ; le 5 juillet, le dey capitulait. Le « coup d’éventail » était donc « vengé » ; le blé que le dey avait fourni à la France n’aurait plus à lui être payé, ni les fortifications de la Calle à être démolies.

Il restait à conquérir l’Algérie.

Cela allait demander quarante ans, près d’un demi siècle.

 
 

De 1830 à 1871, sous cinq régimes différents, depuis la restauration jusqu’à la Troisième République, en passant par Louis-Philippe, la République et l’Empire, la bourgeoisie française va poursuivre la conquête de ce territoire à peine peuplé de cinq millions d’habitants.

Quarante ans de combats, de meurtres et de pillages, quarante ans pendant lesquels, à chaque moment, telle région qu’on avait hier « pacifiée » se soulevait à nouveau et devait être « pacifiée » à nouveau, à coup de « razzia » et de massacres. Quarante ans pour cinq millions d’habitants ! Quarante ans de guerre entre, d’un côté, un peuple dépourvu de toute organisation matérielle moderne, et, de l’autre côté, l’armée française, alors, sans conteste, la première armée d’Europe, l’armée qui était, hier, celle de Napoléon et qui sera encore celle de Sébastopol et de Magenta.

La conquête de l’Algérie ne s’est pas effectuée, comme on pourrait le croire, progressivement du Nord au Sud, par tranches successives partant du littoral et finissant aux confins sahariens. Tout au contraire, les régions méridionales, Hauts-Plateaux et zone saharienne, on été plus facilement conquises et les premières « pacifiées » ; c’est la région la plus proche du littoral, le Tell, cet ensemble montagneux qui sépare la mer des Hauts-Plateaux, qui a offert le plus de résistance et n’a été occupé, réellement qu’en dernier lieu.

Le centre de la première grande résistance à laquelle se heurte la conquête française, celle que va personnifier pendant onze ans le marabout Abd el Kader, c’est le Tell du centre et de l’ouest. Les villes d’Abd-el-Kader, Mascara, Boghar, etc., sont en plein Atlas tellien, et le dernier massif d’où Abd el Kader conduira ses dernières grandes luttes sera celui de l’Ouarsenis, qui commence à 50 kilomètres de la mer. Après la chute d’Abd el Kader, le dernier bastion de la résistance sera la Kabylie, Tell de l’est. La grande Kabylie, qui borde la mer, et qui est à moins de cent kilomètres d’Alger, ne sera occupée pour la première fois en 1857, et définitivement qu’après 71, alors que les oasis de biskra et de Laghouat, en bordure du Sahara, à 400 kilomètres de la mer, seront conquises, la première dès 1844, et la seconde définitivement, en 1852.

La raison en est que les Hauts-Plateaux, le Sahara, et même , l’Atlas saharien, vieille montagne qui n’est plus guère constituée que de légères ondulations coupées de larges couloirs, ne sont que des plaines. Le Tell, au contraire, c’est la montagne. La plaine, assez peu peuplée d’ailleurs, et peuplée presque exclusivement d’Arabes plus ou moins nomades, n’a pas pu résister ; c’est la montagne qui a résisté, la montagne qui, en Algérie, est plus peuplée que la plaine, peuplée de paysans cultivateurs, la plupart de langue berbère. Cela est conforme à la règle de toujours et de partout : c’est toujours la montagne qui résiste au conquérant ; la montagne est partout le dernier asile de l’indépendance. Ce massif kabyle qui résista le dernier à la conquête française, est celui qui avait aussi le mieux résisté à la conquête arabe, puisque si il a accepté la religion de l’Islam, il a gardé sa langue et son Droit.

 
 

Ce que fut cette guerre ? Une guerre atroce qui n’eut de la guerre que le nom, j’entend de la véritable guerre, celle que justifie Proudhon dans La Guerre et la Paix, c’est-à-dire un combat loyal entre adversaires de force équivalente. Ce ne fut pas une guerre, ce fut une « expédition coloniale », une expédition coloniale de quarante années. Une expédition coloniale ça ne se raconte pas, et on n’ose la décrire ; on laisse MM. les assassins la décrire eux-mêmes.« La flamme à la main ! »

Saint-Arnaud, qui devait finir maréchal de France, fit, jusqu’au 2 décembre », à peu près toute sa carrière en Algérie. Il y était arrivé lieutenant en 1837 ; il en partit général de division en 1851 ; durant ces quinze années il ne cessa d’être en colonne, tantôt à l’ouest, tantôt à l’est ; pendant tout ce temps il écrivit régulièrement à son frère, le tenant presque jour par jour au courant de ses faits et gestes. Ces lettres ont été publiées. Nous en donnons ci-dessous des extraits, sans autre commentaire que l’indication de la date et du lieu .

( On trouvera les lettres dont sont extraites ces citations dans Lettres du Maréchal Saint-Arnaud, tome I, pages 141, 313, 325, 379,381, 390, 392, 1472, 474, 549, 556, tome II, pages 83, 331, 340.)

« Le pillage exercé d’abord par les soldats, s’étendit ensuite aux officiers, et quand on évacua Constantine, il s’est trouvé comme toujours, que la part la plus riche et la plus abondante était échouée à la tète de l’armée et aux officiers de l’état-major. » (Prise de Constantine, octobre 1837.)

« Nous resterons jusqu’à la fin de juin à nous battre dans la province d’Oran, et à y ruiner toutes les villes, toutes les possessions de l’émir. Partout, il trouvera l’armée française, la flamme à la main. » (Mai 1841.)

« Mascara, ainsi que je l’ai déjà dit, a dû être une ville belle et importante. Brulée en partie et saccagée par le marechal Clauzel en 1855. »

« Nous sommes dans le centre des montagnes entre Miliana et Cherchell. Nous tirons peu de coup de fusil, nous brûlons tous les douars, tous les villages, toutes les cahutes. L’ennemi fuit partout en emmenant ses troupeaux » (avril 1842)

« Le pays des Beni-Menasser est superbe et l’un des plus riches que j’ai vu en Afrique. Les villages et les habitants sont très rapprochés. Nous avons tout brûlé, tout détruit. Oh la guerre, la guerre ! Que de femmes et d’enfants, réfugiés dans les neiges de l’Atlas, y sont morts de froid et de misère !... Il n’y a pas dans l’armée cinq tués et quarante blessés. » (Région de Cherchell, avril 1842)

« Deux belles armées... se donnant la main fraternellement au milieu de l’Afrique, l’une partie de Mostaganem le 14, l’autre de Blidah le 22 mai, rasant, brûlant, chassant tout devant elles. » (mai 1842 ; de Mostaganem à Blidah il y a 250 kilomètres.)

« On ravage, on brûle, on pille, on détruit les maisons et les arbres. Des combats : peu ou pas. » ( Région de Miliana, juin 1842)

« ... Entouré d’ un horizon de flammes et de fumées qui me rappellent un petit Palatinat en miniature, je pense à vous tous et je t’écris. Tu m’a laissé chez les Brazes, je les ai brûlés et dévastés. Me voici chez les Sindgad, même répétition en grand, c’est un vrai grenier d’abondance... Quelques-uns sont venus pour m’amener le cheval de soumission. Je l’ai refusé parce que je voulais une soumission générale, et j’ai commencé à brûler. » (Ouarsenis, Octobre 1842)

« Le lendemain 4, je descendais à Haimda, je brûlais tout sur mon passage et détruisais ce beau village...Il était deux heures, le gouverneur (Bugeaud) était parti. Les feux qui brûlaient encore dans la montagne, m’indiquaient la marche de la colonne. » (Région de Miliana, février 1843.)

« Des tas de cadavres pressés les uns contre les autres et morts gelés pendant la nuit ! C’était la malheureuse population des Beni-Naâsseur, c’étaient ceux dont je brûlais les villages, les gourbis et que je chassais devant moi. » (Région de Miliana, février 1843.)

« Les beaux orangers que mon vandalisme va abattre !... je brûle aujourd’hui les propriétés et les villages de Ben-Salem et de Bel-Cassem-ou-Kassi. » (Région de Bougie, 2 octobre 1844.)

« J’ai brûlé plus de dix villages magnifiques. » (Kabylie, 28 octobre 1844.)

« II y avait encore des groupes nombreux d’ennemis sur les pitons, j’espérais un second combat. Ils ne sont pas descendus et j’ai commencé à couper de beaux vergers et à brûler de superbes villages sous les yeux de l’ennemi. » (Dahra, mars 1846.)

« J’ai laissé sur mon passage un vaste incendie. Tous les villages, environ deux cents, ont été brûlés, tous les jardins saccagés, les oliviers coupés. » (Petite Kabylie, mai 1851.)

« Nous leur avons fait bien du mal, brûlé plus de cent maisons couvertes en tuile, coupé plus de mille oliviers. » (Petite Kabylie, juin 1851.)

Tel est le témoignage de Saint-Arnaud. Témoignage décisif, mais qui est loin d’être unique. Tous les officiers d’Afrique, qui ont écrit ce qu’ils ont vu, disent la même chose.

La vente des femmes et le massacre des enfants

Officier d’Afrique non moins typique que Saint-Arnaud, ce colonel Pein, issu du rang qui resta vingt-trois ans en Algérie (de 1840 à 1863), et qui occupa les loisirs de sa retraite à composer un petit ouvrage sur l’Afrique. A la différence de Saint-Arnaud, ce fut surtout dans le Sud qu’il eut à opérer.

Voici comment il décrit la prise de Laghouat, à laquelle il assista (2 décembre 1852.) :

« Le carnage fut affreux ; les habitations, les tentes des étrangers dressées sur les places, les rues, les cours furent jonchées de cadavres. Une statistique faite à tête reposée et d’après les meilleurs renseignements, après la prise, constate le chiffre de 2 300 hommes, femmes ou enfants tués ; mais le chiffre de blessés fut insignifiant, cela se conçoit. Les soldats, furieux d’être canardés par une lucarne, une porte entrebâillée, un trou de la terrasse, se ruaient dans l’intérieur et y lardaient impitoyablement tout ce qui s’y trouvait ; vous comprenez que, dans le désordre, souvent dans l’ombre, ils ne s’attardaient pas à établir de distinction d’âge ni de sexe : ils frappaient partout et sans crier gare ! » ( Pein, Lettres familières sur l’Algérie, 2e édit, p. 393)

C’est tellement l’habitude de massacrer femmes et enfants qu’une fois que le colonel Pein ne put le faire, il éprouva le besoin de s’en excuser dans une lettre :

« Les Ouled Saad avaient abandonné femmes et enfants dans les buissons, j’aurais pu en faire un massacre, mais nous n’étions pas assez nombreux pour nous amuser aux bagatelles de la porte : il fallait garder une position avantageuse et décrocher ceux qui tiraient sur nous. »

(Pein. Lettres familières sur l’Algérie, 2e édit., p. 26.)

Ainsi, si les femmes et les enfants des Ouled Saad n’ont pas été « massacrés », c’est uniquement pour raison stratégique ! Si on avait été plus nombreux, toutes et tous y auraient passé, on se serait « amusé aux bagatelles de la porte ! »

Certains généraux cependant préféraient qu’on ne massacre pas les femmes, mais qu’on s’en empare... et qu’on les vendent. Telle était la méthode préférée de Lamoricière. Dans les lettres qu’il écrivait à sa famille, l’un des subordonnés de Lamoricière, le colonel de Montagnac, décrit ainsi le système

( De Montagnac, Lettres d’un soldat, p. 141,142,195,203,311, 225. )

« Vive Lamoricière ! Voilà ce qui s’appelle mener la chasse avec intelligence et bonheur !... Ce jeune général qu’aucune difficulté n’arrête, qui franchit les espaces en un rien de temps, va dénicher les Arabes dans leurs repaires, à vingt-cinq lieues à la ronde, leur prend tout ce qu’ils possèdent : femmes, enfants, troupeaux, bestiaux, etc. » (1er février 1841).

Dans la région de Mascara, le 17 janvier 1842 :

« Nous poursuivons l’ennemi, nous lui enlevons femmes, enfants, bestiaux, blé, orge, etc. »

Le 11 février 1842 :

« Pendant que nous rasons de ce côté, le général Bedeau, autre perruquier de première qualité, châtie une tribu des bords du Chélif... leurs enlève force femmes, enfants et bestiaux... »

Plus tard, étant cette fois en Petite-Kabylie, de Montagnac appliquera à nouveau le système Lamoricière :

« Nous nous sommes établis au centre du pays...brûlant, tuant, saccageant tout... Quelques tribus pourtant résistent encore, mais nous les traquons de tous côtés, pour leur prendre leurs femmes, leurs enfants, leurs bestiaux. » (2 mai 1843).

Pourquoi prenait-on ces femmes ? Qu’en faisait-on ?

« Vous me demandez, dans un paragraphe de votre lettre, ce que nous faisons des femmes que nous prenons. On en garde quelques-unes comme otages, les autres sont échangées contre des chevaux, et le reste est vendu à l’enchère comme bêtes de somme. » (Lettre datée de Mascara, 31 mars 1842.)« Apportez des têtes, des têtes ! Bouchez les conduits crevés avec la tête du premier Bédouin que vous rencontrerez. »

(Harangue citée par le baron Pichon : Alger sous la domination française, p.109.)

Voici maintenant que le témoignage d’un quatrième officier de l’armée d’Afrique, parti en Algérie, tout frais émoulu de Saint-Cyr, le comte d’Hérisson ; bien que très patriote, celui-ci, à la différence des précédents, semble avoir été quelque peu écœuré par ce qu’il vit ; son témoignage est identique.

Voici comment il décrit une colonne à laquelle il participa : (D’Hérisson : La Chasse à l’Homme, p. 133 et suivantes.)

« II est vrai que nous rapportons un plein baril d’oreilles récoltées paires à paires sur les prisonniers, amis ou ennemis. » « ... Des cruautés inouïes, des exécutions froidement ordonnées, froidement exécutées à coups de fusil, à coups de sabre, sur des malheureux dont le plus grand crime était quelquefois de nous avoir indiqué des silos vides. »

« Les villages que nous avons rencontrés, abandonnés par leurs habitants, ont été brûlés et saccagés ; ... on a coupé leurs palmiers, leurs abricotiers parce que les propriétaires n’avaient pas eu la force nécessaire pour résister à leurs émirs et lui fermer un passage ouvert à tout le monde chez ces tribus nomades. Toutes ces barbaries ont été commises sans tirer un coup de fusil, car les populations s’enfuyaient devant nous, chassant leurs troupeaux et leurs femmes, délaissant leurs villages. »

Cette colonne était commandée par le général Yusuf. Sur ce même général, le même auteur rappelle le fait suivant, si militaire (D’Hérisson : La Chasse à l’Homme, p. 349.)

« En 1857, le maréchal Randon, que les lauriers de Saint-Arnaud empêchaient de dormir, monte à l’assaut de la Kabylie pour exercer ses 25 000 hommes et y recommencer les incendies de ses prédécesseurs. C’est dans cette expédition qu’on vient dire au général Yussuf : "Encore une tribu, mon général, qui en a assez et qui demande l’aman (le pardon)." - Non, répondit Yussuf, il y a là, sur notre gauche, ce brave colonel qui n’a encore rien eu. Laissons-lui cette tribu à éreinter ; cela lui fera un bulletin ; on donnera ensuite l’aman »

( Cela n’a, il est vrai, rien de spécifiquement algérien. Voir dans « Comment j’ai nommé Foch et Pétain » comment Painlevé l’« humanitaire » laissa se produire, quinze jours durant, après le 17 avril 1917, des attaques terriblement meurtrières et complètement inutiles, à seule fin de sauver l’« amour propre » du général Nivelle.)

A cette époque, Napoléons III avait eu beau venir en Algérie assurer les Arabes de sa sympathie : « les oreilles indigènes valurent longtemps encore 10 francs la paire, et leurs femmes demeurèrent, comme aux, d’ailleurs, un gibier parfait » (D’Hérisson : La Chasse à l’Homme, p. 349.)

Si le général Yusuf faisait couper les oreilles, le colonel de Montagnac, déjà cité, qui, lui, est un Français, fils, petit-fils, arrière petit-fils de soldat, et qui devait devenir le « héros » de Sidi-Brahim, préfère la méthode qui consiste à faire couper les têtes ( De Montagnac : Lettres d’un soldat, p. 297 et 299.)

« Je lui fis couper la tête et le poignet gauche (il s’agit d’un marabout de la province de Constantine) et j’arrivai au camp avec sa tête piquée au bout d’une baïonnette et son poignet accroché à la baguette d’un fusil. On les envoya au général Baraguay d’Hilliers qui campait près de là, et qui fut enchanté, comme tu le penses... »

« On ne se fait pas l’idée de l’effet que produit sur les Arabes une décollation de la main des chrétiens... Il y a déjà pas mal de temps que j’ai compris cela, et je t’assure qu’il ne m’en sort guère d’entre les griffes qui n’aient subi la douce opération. Qui veut la fin veut les moyens, quoiqu’en disent nos philanthropes. Tous les bons militaires que j’ai l’honneur de commander sont prévenus par moi-même que s’il leur arrive de m’amener un Arabe vivant, ils recevront une volée de coups de plat de sabre... Quant à l’opération de la décollation, cela se passe coram populo. »

Le massacre par « erreur »

« Frappez, frappez toujours ! Dieu reconnaîtra les siens ! » Vieux précepte que les représentants de la bourgeoisie française en Algérie ne manquèrent pas d’appliquer. L’important était de tuer ; qu’on tue amis ou ennemis, innocents ou coupables, cela n’avait guère d’importance. Péra a déjà raconté aux lecteurs de la Révolution prolétarienne ( R.P. du 1er mars 1928 : L’insurrection algérienne de 1871.) comment, en 1871, un détachement français rencontrant un groupe d’indigène, s’en empara et mit tout le monde à mort sans autre forme de procès, sur la simple supposition que ces indigènes avaient participé à l’affaire de Palestre, ce qui fut reconnu entièrement faux, dès qu’on eut fait le moindre brin d’enquête.

Voici deux autres faits du même ordre, mais d’une envergure plus grande encore, et dont la responsabilité remonte beaucoup plus haut.

Au printemps de 1832, des envoyés d’une tribu du Sud avaient été dépouillés par des maraudeurs, à quelque distance d’Alger ; le fait s’était passé sur le territoire où était campée la tribu des El-Ouffia ; alors :

« En vertu des instructions du général en chef de Rovigo, un corps de troupe sorti d’Alger, pendant la nuit du 6 avril 1832, surprit au point du jours la tribu endormie sous ses tentes, et égorgea tous les malheureux El-Ouffia sans qu’un seul chercha même à se défendre. Tout ce qui vivait fut voué à la mort ; on ne fit aucune distinction d’âge ni de sexe. Au retour de cette honteuse expédition, nos cavaliers portaient des têtes au bout des lances. » (Christian : L’Afrique française, p. 143.)

« Tout le bétail fut vendu à l’agent consulaire du Danemark. Le reste du butin fut exposé au marché de la porte Bab-Azoun (à Alger). On y voyait des bracelets de femme qui entouraient encore des poignets coupés, et des boucles d’oreilles pendant à des lambeaux de chair. Le produit des ventes fut partagé entre les égorgeurs. Dans l’ordre du jour du 8 avril, qui atteignit les dernières limites de l’infamie, le général en chef eut l’impudence de féliciter les troupes de l’ardeur et de l’intelligence qu’elles avaient déployées. Le soir de cette journée à jamais néfaste, la police ordonna aux Maures d’Alger d’illuminer leurs boutiques, en signe de réjouissance. » ( Dieuzalde : Histoire de l’Algérie, tome I, p. 289.)

"Or, quelques jours après, ont sut que cette tribu n’avait été pour rien dans la mésaventure arrivée aux envoyés du Sud, ceux-ci ayant été victimes d’hommes appartenant à la tribu toute différente des Krechnas. Ce qui n’empêcha pas, bien que l’innocence des El-Ouffia fût déjà connue, de condamner à mort le cheik des El-Ouffia, qu’on avait soigneusement épargné lors du massacre et de l’exécuter, ainsi qu’un autre notable aussi innocent que lui." ( Baron Pichon : Alger sous la domination française, p. 186.)

L’auteur de ces assassinats, le général en chef duc de Rovigo, a maintenant son village, un village de colonisation portant son nom, à quelques kilomètres du lieu où furent assassinés les El-Ouffia ! A Bône, le futur général Yusuf, alors capitaine, opérait pareillement. Voici ce qu’en disent les notes du baron Pichon, alors intendant civil de l’Algérie :

« Le 7 mai 1832, des Arabes d’une tribu inconnue vinrent, sous les murs de la ville, s’emparer de quelques bœufs. Le capitaine Yusuf décida que les maraudeurs appartenaient à la tribu des Kharejas ; le même soir il partit avec les Turcs, fut s’embusquer de nuit dans les environs, et lorsque le jour commençait à paraître, il massacra femmes, enfants et vieillards. Une réflexion bien triste suivit cette victoire, lorsqu’on apprit que cette même tribu était la seule qui, depuis notre occupation de Bône, approvisionnait notre marché. » ( Christian : L’Afrique française, pp. 148 et 149.)

« Meurtre consommé avec préméditation sur un ennemi vaincu, sur un ennemi sans défense »

Prince de la Moskova. (Discours à la Chambre des Pairs)

Le massacre est toujours le massacre, mais certaines circonstances ajoutent encore à son horreur.

La région du Dahra, à mi-chemin entre Alger et Oran, présente la particularité de posséder, en plusieurs points, d’immenses grottes pouvant contenir plusieurs centaines de personnes. De temps immémoriaux, ces grottes servaient de refuge aux tribus de la contrée, refuge qui avait toujours été respecté ;

les hommes réfugiés là n’étaient plus à craindre ; de ce fait là ils s’avouaient vaincus ; jamais tribu « barbare », jamais « sectateurs de Mahomet » n’avaient eut l’idée d’y massacrer. L’armée de la bourgeoisie française allait rompre avec cette tradition.

En un an, sur trois points différents, trois colonels français, Cavaignac, Pélissier, Saint-Arnaud, firent périr trois tribus réfugiées dans des grottes en les brûlant et les asphyxiant vives. Trois tribus complètes : hommes, femmes, enfants.

De ces trois « enfumades », la plus connue, longtemps la seule connue, est la seconde, celle commise par Pélissier, parce qu’elle donna lieu à une interpellation du prince de la Moskowa, le fils de Ney, à la Chambre des Pairs.

Le 19 juin 1845, la tribu des Oued-Riah, chassée de ses villages par l’une de ces colonnes incendiaires dont nous avons vu la description chez Saint-Arnaud, se réfugie dans les grottes, toute la tribu, troupeaux compris. La colonne commandée par Pélissier l’y poursuit et la somme de sortir. Celle-ci accepte : elle est même prête à verser comme rançon une importante somme d’argent, mais elle ne veut pas, lorsqu’elle sortira, être massacrée ; elle pose donc une seule condition : que les troupes françaises se retirent.

Pélissier refuse. Puis, à trois heures de l’après-midi, il fait allumer, à chaque entrée des grottes, de vastes feux, qu’on alimentera et attisera sans répit tout le restant de la journée et toute la nuit, jusqu’à une heure avant le lever du jour.

Au matin, on entre.

Un soldat a donné, dans une lettre, le récit de ce qu’il vit la nuit et le matin.

« Quelle plume saurait rendre ce tableau ? Voir au milieu de la nuit, à la faveur de la lune, un corps de troupes français occupé à entretenir un feu infernal ! Entendre les sourds gémissements des hommes, des femmes, des enfants et des animaux ; le craquement des rochers calcinés s’écroulant, et les continuelles détonations des armes ! Dans cette nuit, il y eut une terrible lutte d’hommes et d’animaux !

« Le matin, quand on chercha à dégager l’entrée des cavernes, un hideux spectacle frappa des yeux les assaillants.

« J’ai visité les trois grottes, voici ce que j’y ai vu :

« A l’entrée, gisaient des bœufs, des ânes, des moutons ; leur instinct les avait conduits à l’ouverture de la grotte pour respirer l’air qui manquait à l’intérieur. Parmi ces animaux, et entassés sous eux, on trouvait des hommes, des femmes et des enfants. J’ai vu un homme mort, le genou à terre, la main crispée sur la corne d’un bœuf. Devant lui était une femme tenant son enfant dans ses bras. Cet homme, il était facile de le reconnaître, avait été asphyxié, ainsi que la femme, l’enfant et le bœuf, au moment où il cherchait à préserver sa famille de la rage de cet animal.

« Les grottes sont immenses ; on a compté 760 cadavres ; une soixantaine d’individus seulement sont sortis, aux trois quart morts ; quarante n’ont pu survivre ; dix sont à l’ambulance, dangereusement malades ; les dix derniers, qui peuvent se traîner encore, ont été mis en liberté pour retourner dans leurs tribus ; ils n’ont plus qu’à pleurer sur des ruines. » ( Christian, L’Afrique française, p. 142.)

Crime de soudard subalterne ?
 
Bugeaud

Non ! Pélissier, qui en a porté jusqu’ici la responsabilité devant l’histoire, n’a été qu’un exécutant. La responsabilité remontait plus haut ; elle remonte directement au plus haut représentant de la France en Algérie, à celui qui, pendant sept années, fut, au nom de « la France », le maître à peu près absolu de l’Algérie, le gouverneur général Bugeaud, duc d’Isly ; celui-ci avait en effet envoyé à Pélissier l’ordre suivant ( Revue hebdomadaire, juillet 1911, article du général Derrécagaix.)

« Orléansville, 11 juin 1845

« Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbéhas ! Fumez-les à outrance comme des renards.

« Duc d’Isly »

« Imitez Cavaignac » ordonnait Bugeaud.

En effet, l’année précédente, Cavaignac, futur gouverneur général de la République en Algérie, futur emprisonné du 2 décembre, avait, lui aussi, le premier, enfumé « comme des renards » des Sbéhas réfugiés dans des grottes, « tribu vaincu », « tribu sans défense ».

Et deux mois après Pélissier, le 12 août 1845, Saint-Arnaud à son tour, près de Ténès, transformait d’autres grottes en « un vaste cimetière » ; « 500 brigands » y furent enterrés. Le seul résultat de l’interpellation à la Chambre des Pairs fut que Saint-Arnaud tint, à la différence de Pélissier, soigneusement caché son exploit : « personne n’est descendu dans les cavernes ; personne... que moi... Un rapport confidentiel a tout dit au maréchal (Bugeaud), simplement, sans poésie terrible ni images. » ( Lettres du Maréchal Saint-Arnaud, tome II, p. 37.)

Ainsi, depuis le républicain Cavaignac, jusqu’aux futurs bonapartistes Pélissier et Saint-Arnaud, en passant par le monarchiste Bugeaud, les hommes les plus représentatifs de tous les clans de la bourgeoisie française ont trempé directement dans ces actes où culminent les deux caractères dominants de la conquête de l’Algérie : la lâcheté et la férocité.

Aucune des catégories de la bourgeoisie ne peut en rejeter la responsabilité sur les autres. Le colonialisme étant un produit spécifique du capitalisme, tout le capitalisme avait à se vautrer dans ses horreurs.

 

L’Honneur kabyle

Devant cette barbarie, on se sent poussé à rechercher quelques gestes qui fassent exception, quelques gestes de générosité, quelques gestes d’honneur.

On les trouve.

Mais on les trouve de l’autre côté de la barricade ; on les trouve chez les « barbares », chez ceux qui étaient en état de légitime défense, chez ceux qui étaient à la fois les plus faibles et les moins « civilisés ».

Un seul acte de cruauté a pu être reproché à Abd el Kader, commis non pas par lui, mais par un de ses lieutenants.

Le 24 avril 1846, un an à peine avant la reddition d’Abd el Kader, alors que celui-ci était aux abois, qu’il n’avait plus rien à donner à manger aux prisonniers, ni même suffisamment d’hommes pour les garder, alors qu’Abd el Kader avait écrit lettres sur lettres pour négocier l’échange des prisonniers et qu’on ne lui avait répondu qu’en jetant en prison celui qu’il avait envoyé pour traiter de cet échange, et alors qu’il était personnellement à plusieurs centaines de kilomètres du lieu où étaient gardés les prisonniers, l’un des deux khalifas chargé de leur garde, Mustapha ben Thamin, ne pouvant plus nourrir les prisonniers (l’autre voulant, au contraire, les relâcher), les fit tuer (Colonel Paul Azan : L’Emir Abd el Kader, p. 221 et suivantes, et aussi p.295..)

C’était la réplique aux enfumades du Dahra. Mais, jusque-là, durant quinze années pendant lesquelles il s’opposa à la France, la manière dont Abd el Kader avait traité les prisonniers avait toujours été empreinte de la plus grande générosité ; il les échangeait quand il le pouvait ; sinon, il les libérait sans condition le jour où il ne pouvait plus les nourrir. Nos soudards en étaient tout éberlués :

« Abd el Kader, écrit Saint-Arnaud, le 14 mai 1842, nous a renvoyé sans condition, sans échange, tous nos prisonniers. Il leur a dit : "Je n’ai plus de quoi vous nourrir, je ne veux pas vous tuer, je vous renvoie". Le trait est beau pour un barbare » (Lettres du Maréchal Saint-Arnaud, tome I, p. 385.)

Saint-Arnaud, évidemment, n’en aurait point fait autant. La « civilisation » bourgeoise est, par définition, exclusive de toute générosité.

Quant à la manière dont les prisonniers étaient traités pendant leur détention, rien n’en témoigne mieux que ce trait de l’un des prisonniers faits à Sidi-Brahim. Celui-ci termine ses mémoires en rappelant que lorsqu’ Abd el, quelques années après sa reddition, vint à Paris, il offrit, lui, pendant trois jours, dans sa propre famille, l’hospitalité à trois domestiques d’Abd el, qui avaient été ses geôliers, puis, ses fonctions de surveillant aux Tuileries l’ayant mis, quelque temps plus tard, en présence d’Abd el et de deux de ses principaux lieutenants, le khalifa Sidi Kadour ben Allel et l’intendant Kara Mohammed, ces deux hommes et leur ancien prisonnier se serrèrent affectueusement les mains, car, dit Testard, « l’un et l’autre avaient été bons pour moi et j’eus du plaisir à les revoir. » ( Hippolyte Langlois : Souvenirs d’un prisonnier d’Abd el Kader, p. 350.)

Combien d’Arabes prisonniers des Français en auraient pu dire autant ?

Mais ceux dont l’attitude marqua l’antithèse la plus frappante avec la manière dont la bourgeoisie comprend la guerre, furent les Kabyles.

Les Kabyles sont des guerriers. Ils sont traditionnellement habitués à se battre pour l’honneur, non pour le butin ou la conquête. Lorsqu’un dommage avait été causé à un habitant d’un village par un habitant d’un autre village, on vengeait l’honneur par un combat, mais combat qui ne se terminait jamais par l’expropriation des vaincus. De telles guerres étaient donc aussi différentes d’une expédition coloniale que d’un duel l’est d’un assassinat.

Ces guerres, dès lors, étaient soumises, tout comme l’est le duel, à des règles, à un véritable Code d’honneur. Ce code, les Kabyles continuèrent à l’appliquer, même contre leurs envahisseurs.

C’est ainsi que lors du soulèvement de 1871, les Kabyles prévinrent les colons avant de les attaquer ( Rinn : L’insurrection de 1871 en Algérie, p. 203.). Et ceux des colons qui, au lieu de partir ou de résister, se mirent sous la protection d’un kabyle, sous son « anaia », purent vivre en pleine sécurité durant toute l’insurrection, en plein pays insurgé.

Ce fut notamment le cas de 39 habitants de Bordj Menaïel, auxquels le marabout Si Moussa ben Ahmed avait proposé lui-même de se mettre sous son « anaia » ; ce fut également le cas du maire de Bordj Menaïel qui alla se mettre sous la protection des habitants du douar Rouaffa ; et aussi le cas de 30 voyageurs de la diligence de Dellys qui, sur le conseil de l’amine Omar Benzaman allèrent se réfugier dans le caravansérail, et sous la protection d’Azib Zamoun

(Rinn : L’insurrection de 1871 en Algérie, pp. 243 et 245.)

Or, ce qui est remarquable, c’est que ces Kabyles, sous la protection desquels vécurent les Français, n’étaient nullement traîtres à leurs compatriotes, ni même des partisans tièdes de la cause kabyle, ils étaient au contraire au premier rang des combattants, s’opposant avec l’extraordinaire courage de leur race, à l’avance des troupes françaises.

Ce qui n’empêcha pas le gouvernement de la République de commettre à l’égard des insurgés kabyles la même monstruosité que celle qu’il commettait, au même moment, à l’égard des insurgés parisiens : faire poursuivre, condamner et exécuter les chefs de l’insurrection comme coupables de crimes de droit commun ! Comme Ferré, Boumezrag, frère de Mokrani et successeur de celui-ci à la tête de l’insurrection, fut condamné à mort pour pillage et assassinat ! Thiers ne se contentait pas de tuer ; en Afrique comme à Paris, il lui fallait déshonorer.

L’expropriation

« La liberté des habitants de toutes les classes, leur religion, leurs propriétés, leur industrie ne recevront aucune atteinte... Le général en chef en prend l’engagement sur l’honneur. »

Général de Bourmont (5 juillet 1830)

La bourgeoisie tue, mais il faut lui rendre cette justice qu’elle ne tue pas pour le plaisir ; elle tue pour que ça lui rapporte.

Le fer de Lorraine et le coke de la Ruhr furent l’enjeu de la guerre aux millions de cadavres ; l’expropriation des indigènes, la réduction des indigènes à l’état de prolétaires, de producteurs travaillant pour la plus-value sur les terres que jusque-là ils cultivaient librement, tel est le but de toute conquête coloniale ; tel fut le but de la conquête de l’Algérie.

« Les propriétés des habitants ne recevront aucune atteinte... » Tel était l’engagement solennel qu’avait pris la France, le 5 juillet 1830, en entrant à Alger.

Source:

https://rebellyon.info/La-conquete-coloniale-de-l-Algerie

Autres références traitant de la colonisation française de l'Algérie :

http://m.alterinfo.net/CE-QUE-FUT-LA-COLONISATION-DE-L-ALGERIE-3-Le-mythe-des-races-superieures_a76345.html

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https://blideodz.wordpress.com/2017/03/29/nils-andersson-des-crimes-de-guerre-en-algerie-il-y-en-a-eu/

Comment le Mossad a créé l’OAS

Pour la première fois, cette vérité est publiée, après 50 années de conservation dans le secret. La formation de l'OAS en Algérie a été mise en place par les mains du Mossad, avec la collaboration du sinistre général français Edmond Jouhaud qui n’était en réalité qu’un agent de cette sinistre officine israélienne. Né le 2 avril 1905 à Bou Sfer (Oran), il s’engage dans l’aviation française en 1924, et devient général. Il participe au putsch d’Alger en avril 1961, sur instruction du Mossad, et sera rallié par les sinistres généraux Zeller, Challe et Salan. Après son échec, il rentre dans la clandestinité et devient chef de l’OAS de l’Oranie. Il reste caché à Oran jusqu’au 25 mars 1962, où il sera arrêté, jugé et condamné à mort, mais grâce à l’intervention du lobby sioniste, Jouhaud échappe à l’exécution, sa peine fut commuée en détention à perpétuité. Libéré en décembre 1967, il sera amnistié par de Gaulle en 1968, et réintégré dans ces grades et prérogatives. Il dirigera en France une campagne explosive contre les institutions algériennes, avec l’ancien truand et criminel, Jacques Mesrine qui était l’ennemi public n°1 en France.
En 1982, le sinistre général Edmond Jouhaud, sollicité par le lobby sioniste et plusieurs associations satellites d’Algérie, sera élu président du Front national des pieds-noirs. Il écrira plusieurs livres dont Ô mon pays perdu de Bou Sfer. Jouhaud mourra en 1995, sans payer pour ses crimes perpétrés contre les Algériens.
Jacques Mesrine, le militaire assassin, surnommé l’homme aux mille visages
Jacques Mesrine s’engage dans la guerre d’Algérie comme parachutiste-commando. C’est durant celle-ci qu’il prend un pistolet 45 ACP et le ramène en France. Il l’aura constamment sur lui. Jacques René Mesrine sera décoré par le général de Gaulle de la croix de la valeur militaire. Il revient en France en mars 1959, après avoir reçu un certificat de bonne conduite de la part de la 626ecompagnie. Ses proches, des anciens militaires, ont déclaré que l’expérience de l’Algérie l’a profondément marqué ; il aura été plusieurs fois de «corvée de bois» (exécution sommaire d’Algériens en dehors des enceintes militaires). Il était un assassin au service du général de Gaulle. En outre, Mesrine a été membre de l’OAS en 1961, à l’instar de Jean-Marie Le Pen, le raciste tortionnaire.

Le fichier provisoire des membres de l’OAS
A
Alexis Arette
Antoine Argoud
B
Jean-Baptiste Biaggi
Georges Bidault
Hervé Le Barbier de Blignières
Jean de Brem
C
Lionel-Max Chassin
Pierre Chateau-Jobert
D
Roger Degueldre
Pierre Descaves, homme politique
Albert Dovecar
François Duprat, homme politique
G
Gilbert Gilles
Yves Godard, officier
Bertrand de Gorostarzu
G
Georges Groussard résistant
Pierre Guillaume
militaire
H
Robert Hemmerdinger
Roger Holeindre
J
Claude Jacquemart
Edmond Jouhaud, général
K
Nicolas Kayanakis
L
Alain de La Tocnaye
Charles Lacheroy
Pierre Lagaillarde, ministre
M
Jean-Pierre Maïone-Libaude
Henri Manoury
Lajos Marton
Pierre Montagnon
Jacques Mesrine
O
Joseph Ortiz
P
Jean-Claude Perez
Jacques Peyrat
Claude Piegts
R
Xavier Raufer
Maurice Rollet
S
Raoul Salan, général
Pierre Sergent
Jean Souètre
Jacques Soustelle, ministre
Albert Spaggiari
Rolf Steiner
Jean-Jacques Susini, officier
V
Paul Vanuxem
Pierre de Villemarest
Par Ahmed Benbrik

Source :  https://www.algeriepatriotique.com/2012/05/24/comment-le-mossad-a-cree-loas-2/

Quelle page voulez-vous tourner, M. Macron ?

 

 

Mais qu’est-ce que cette manie qu’ont les présidents français post-indépendance algérienne de vouloir déambuler dans les rues d’Alger ou d’autres villes algériennes lors de leurs déplacements officiels ? Veulent-ils tous revivre l’épopée de Napoléon III découvrant, au 19e siècle, son « royaume arabe » ? Sont-ils tous des nostalgiques des bains de foules du général De Gaule qui, en 1958, prononça les célèbres « Je vous ai compris ! » ou, pire encore, « Vive l’Algérie française ! » ? Ou bien aiment-ils tant les « youyous » et les confettis tombant par poignées des balcons ?

A-t-on déjà vu un président algérien paradant sur les Champs-Élysées, acclamé par une foule française lui souhaitant la bienvenue ?

Le président Macron n’a donc pas dérogé à la règle lors de son récent et court voyage à Alger, histoire de pérenniser ce qui est désormais devenu une tradition franco-algérienne, malheureusement unilatérale. Youyous, confettis et bain de foule étaient bien évidemment au rendez-vous de ce mercredi 6 décembre, ensoleillé pour l’occasion.

Il alla spontanément à la rencontre de cette population algéroise. Quelques enfants facétieux, hauts comme trois pommes, lui servirent un « One, two, three, viva l’Algérie ». Un adulte lui souhaita la bienvenue en précisant « nous sommes un seul peuple, le peuple français et le peuple algérien ». Tiens donc, des vestiges de la période coloniale ? Ce monsieur aurait-il lu la déclaration de l’écrivain Boualem Sansal [1] « L’Algérie, c’est la France, et la France, c’est l’Algérie ! » ?

 

Un jeune Algérois réussit à agacer le jeune président en l’emmenant sur le terrain du passé colonial. Ne réussissant pas à le convaincre, Macron lui demanda : « Mais vous, vous avez quel âge ? ». Lorsque le jeune lui répondit qu’il avait 26 ans, le président lui rétorqua sèchement : « Mais vous n’avez jamais connu la colonisation ! Qu’est-ce que vous venez m’embrouiller avec ça ? Vous votre génération, elle doit regarder l’avenir ».

 

 m’embrouiller avec ça ? Vous votre génération, elle doit regarder l’avenir ».

 

Bien sûr, les jeunes doivent oublier la colonisation et regarder vers l’avenir. Est-ce là le réflexe d’un ancien colonisateur ou celui d’un ami comme il l’a confié exclusivement à El Khabar et El Watan [2] (deux journaux, parait-il, proches de l’ambassade de France) ? Macron n’est pas le seul à prôner cette amnésie volontaire de plus d’un siècle de colonisation. Kamel Daoud, cet auteur algérien tant « admiré » par le locataire de l’Élysée [3], l’a souvent répété : « L’exploitation de la colonisation de l’Algérie doit cesser » [4], « L’exploitation du fonds de commerce de la guerre d’Algérie doit cesser » [5] ou « Le postcolonial m’étouffe » [6].

Du côté des médias français, l’air fredonné à l’unisson était celui de « Macron veut tourner la page ». Mais quelle page le président veut-il tourner ? En a-t-il choisi une en particulier ? Une figurant dans l’encyclopédie des atrocités perpétrées par le colonialisme français ? Par où commencer et où finir ? 132 années orchestrées par des enfumades, des ventes de boucles d’oreilles ensanglantées et de bracelets encore attachés aux poignets, de famine, de misère économique et intellectuelle, de viols, de torture et des centaines de milliers de morts durant les révoltes successives depuis l’occupation jusqu’à l’indépendance de l’Algérie.

Monsieur le président a-t-il choisi une page ? Peut-être celle des crânes de valeureux combattants algériens curieusement conservés dans le musée de l’Homme à Paris ?

On se rappelle, qu’en février dernier – il y a moins de 10 mois-, alors qu’il était candidat à la présidence, Macron avait déclaré à Alger, à propos de la colonisation :

« C’est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes. En même temps, il ne faut pas balayer tout ce passé, et je ne regrette pas cela parce qu’il y a une jolie formule qui vaut pour l’Algérie : la France a installé les droits de l’homme en Algérie, simplement elle a oublié de les lire » [7].

 

Ses propos ayant soulevé un tollé en France, il se rétracta. Sa discussion avec le jeune Algérois indique l’ampleur de son revirement.

Alors, pourquoi n’a-t-il pas continué dans sa lancée s’il voulait réellement la tourner cette page !

Plusieurs personnalités ont été conviées à ce voyage présidentiel. Parmi elles, l’historien Benjamin Stora et le cinéaste Alexandre Arcady, deux pieds-noirs issus de la communauté juive d’Algérie. Spécialiste de l’histoire de l’Algérie, Stora a été surnommé « l’historien qui murmure à l’oreille du Président [Macron] » [8]. Tout indique donc qu’il aurait été invité pour lui servir de tourne-page. Il faut dire que l’historien s’y connait, lui aussi, en volte-face, surtout lorsqu’elle épouse celle du président.

En février, il disait que la colonisation est bien un crime contre l’humanité : « Cela fait très longtemps que les historiens ont apporté la preuve de massacres, de crimes, de tortures durant la longue période de la colonisation », précisa-t-il [9].

En décembre, répondant à une question sur la relation entre l’âge de Macron et son aptitude à « tourner la page », il déclara que le président « n’a pas le même rapport de temporalité avec cette histoire puisque non seulement il est né après la guerre d’Algérie mais il n’a pas de rapport “physique” avec l’Algérie par l’intermédiaire de famille ou autres » [10].

Ainsi l’âge du président serait un argument dans sa volonté de « tourner la page » sur de graves évènements historiques et son grand désir de regarder vers l’avenir.

Si c’est le cas, « celui qui murmure aux oreilles » pourrait donc nous expliquer à haute voix pourquoi Macron a solennellement commémoré le 75e anniversaire de la rafle du « Vel d’Hiv », un évènement qui a eu lieu en 1942, soit 8 ans avant la naissance de son père ! Le président français y reconnut la responsabilité de la France dans la déportation de milliers de personnes de confession juive, à la grande joie du chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu, invité pour la circonstance [11]. Il profita de l’occasion pour faire doublement plaisir à son « cher Bibi » en affirmant que « l’antisionisme est la forme réinventée de l’antisémitisme », une stupidité déjà énoncée par un certain Manuel Valls.

 

Toujours est-il que Stora donna un cours d’histoire « live » au président lors de sa promenade algéroise. Devant la statue de l’Émir Abdelkader, l’universitaire déclama sa leçon : « L’émir fut un grand résistant à la pénétration coloniale française. Il a eu ensuite la force de trouver la voie de la réconciliation tout en restant fidèle à lui-même. Son parcours est exemplaire » [12].

Mais c’est Alexandre Arcady qui se chargea de lui présenter le « Milk Bar » en précisant qu’il s’agissait du « café des pieds-noirs visé par un attentat sanglant » [13]. Un attentat provoqué par une bombe posée le 30 septembre 1956 et relaté dans le célèbre film « La Bataille d’Alger ». C’est à ce sujet que Larbi Ben M’Hidi, héros de la révolution algérienne, prononça sa célèbre phrase : « Donnez-nous vos avions et on vous donnera nos couffins ! » [14].

Natif d’Alger, Alexandre Arcady, quitta l’Algérie avec sa famille en 1961, juste avant l’indépendance. Jeune, il a été membre du mouvement de jeunesse sioniste « Hachomer Hatzaïr ». En 2013, il a été parrain de la soirée célébrant le centenaire de l’organisation [15]. Entre 1966 et 1967, il vécut en Israël, dans un kibboutz proche de la frontière libanaise. Il y était lors de guerre arabo-israélienne de 1967 [16].

Arcady a porté à l’écran le roman de Yasmina Khadra « Ce que le jour doit à la nuit », une histoire d’amour qui idéalise la relation colonisateur-colonisé passant sous silence la misère et l’obscurantisme dans lesquels les populations autochtones ont été maintenues par le colonialisme. Certains l’ont même accusé d’avoir écrit ce roman pour plaire aux nostalgiques de l’Algérie française. N’a-t-il pas déclaré au journal La Croix : « Pour moi, cela ne fait aucun doute : l’Algérie, qui est mon pays, est aussi le pays des pieds-noirs. Chaque pied-noir, pour moi, est un Algérien, et je ne dirai jamais le contraire. Nous reste en mémoire, Français et Algériens, ces amitiés déchirées, ces voisinages dépeuplés… » [17].

À la sortie du film, un journal algérien titra, non sans ironie : « L’effet positif de la colonisation selon Arcady » [18].

Cela n’a apparemment gêné en rien le cinéaste kibboutznik qui se prend toujours pour un spécialiste de la jeunesse algérienne : « Les jeunes de ce pays souhaitent qu’on en finisse avec les vieux débats : ils veulent qu’on ouvre les portes, et qu’on ouvre les yeux ! » [19].

Alexandre Arcady en guise de second « tourne-page » ?

À propos d’écrivains algériens, Macron aime bien s’en entourer. Mais pas tous. Pour son déjeuner algérois, il a en invité quatre : Kamel Daoud, Maïssa Bey, Adlène Meddi et Boualem Sansal. Curieusement, les trois premiers ont le même éditeur : les éditions « Barzakh » (très proche de l’ambassade de France, selon des sources bien informées). Sur la liste, il ne manquait que Ferial Furon. Macron n’est vraiment pas chanceux car elle aurait pu lui relater les exploits de son aïeul, illustre coupeur d’oreilles de valeureux résistants algériens.

Mais c’est à se demander pourquoi le président français a-t-il jugé bon de les rencontrer à Alger lors d’une visite éclair alors qu’il avait le loisir de s’entretenir avec eux en France, puisque c’est dans ce pays que ces écrivains passent le plus clair de leur temps (sauf, peut-être, Maïssa Bey).

C’est sans doute un moyen « culturel » ayant pour finalité de passer le message politique du « tourne-page » et de l’effet positif de la colonisation. Autrement, il aurait invité d’autres écrivains algériens, en particulier le plus grand d’entre eux en la personne de Rachid Boudjedra. Mais ce dernier ne fait pas partie de ce club select et cette réception n’avait rien à voir avec la littérature.

Les auteurs choisis ont été qualifiés par la presse française de « figures transgressives de la scène algérienne » [20], « de voix libres ou des enquiquineurs du pouvoir » [21] ou de « figures de l’opposition au régime » [22]. Mais cette presse bienveillante passe cependant sous silence leurs positions sur la colonisation.

 

Boualem Sansal : « En un siècle, à force de bras, les colons ont, d’un marécage infernal, mitonné un paradis lumineux. Seul l’amour pouvait oser pareil défi, … Quarante ans est un temps honnête, ce nous semble, pour reconnaître que ces foutus colons ont plus chéri cette terre que nous, qui sommes ses enfants » [23].

Kamel Daoud : « La terre appartient à ceux qui la respectent. Si nous, les Algériens, en sommes incapables alors autant la rendre aux colons » [24].

Ou encore :

« On ose alors le tabou parce que c’est un grand rêve éveillé : une Algérie qui n’aurait pas chassé les Français algériens mais qui en aurait fait la pointe de son développement, de son économie et la pépinière de sa ressource humaine » [25].

Quant à Adlène Meddi, il n’a pas hésité à publier les élucubrations les plus extravagantes de Michel Onfray dans les pages du journal qu’il dirigeait, « El Watan Week-end ». Voilà ce que Onfray a écrit sur la guerre d’indépendance algérienne : « Depuis le 8 mai 1945 et la répression de Sétif et Guelma, il est même prouvé que les militants de l’indépendance nationale ont souhaité tout s’interdire qui soit du côté de la paix, de la négociation, de la diplomatie, de l’intelligence, de la raison. Je vous rappelle à cet effet que ce sont les Algériens qui ont choisi la voie de la violence et sont à l’origine du plus grand nombre de morts du côté… algérien ! » [26].

Des inepties qui ont soulevés un tollé en Algérie [27], mais qui se sont étrangement heurtées au mutisme de Meddi et d’El Watan.

Durant le repas, j’ose imaginer Arcady assis entre Sansal et Daoud. Entre Sansal qui a visité l’État hébreu avec la bénédiction du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) et Daoud qui a avoué « Ce pourquoi je ne suis pas “solidaire” de Gaza » [28], alors que les bombes israéliennes massacraient les Palestiniens en 2014.

Tout en étant convaincu de la succulence des mets servis lors du déjeuner présidentiel – cuisine française oblige -, le seul souhait est que Maïssa Bey ait pu prendre la parole. Elle aurait pu expliquer comment son propre père fût enlevé et torturé par l’armée française et son corps jeté aux chiens [29].

 

Peu ragoûtant lors d’un repas servi par Son Excellence l’Ambassadeur de France, n’est-ce pas ? Serait-ce une page à déchirer, M. Macron ?

Source :

https://world-muslims-news.com/2017/12/13/mais-quest-ce-que-cette-manie-quont-les-presidents-francais-post-independance-algerienne-de-vouloir-deambuler-dans-les-rues-dalger-ou-dautres-villes-algerien/

Mot à dire :
 
​​​​​​Les barbares selon la vraie histoire sont les colonisateurs et les impérialistes qui exécutent la politique de la terre brûlée. On en a un parfait exemple dans la colonisation française de l'Algérie.
 
Ahmed Miloud
 
                                                                   ****************
 
Peu de gens le savent, les Algériens avant la colonisation française étaient nettement plus instruits que les colonisateurs français qui vont venir les massacrer et occuper leurs terres. Pour comprendre cette réalité historique passée sous silence durant des décennies, nous republions aujourd’hui des extraits d’un livre très important, mais méconnu en Algérie, écrit par un historien français qui avait révélé des vérités historiques gênantes et cruciales pour la compréhension des dégâts du colonialisme en Algérie. 
 
histoire 1830Les témoignages sont formels. En 1830, tous les Algériens savaient lire, écrire et compter, « et la plupart des vainqueurs, ajoute la commission de 1833, avaient moins d’instruction que les vaincus ». Les Algériens sont beaucoup plus cultivés qu’on ne croit, note Campbell en 1835. A notre arrivée, il y avait plus de cent écoles primaires à Alger, 86 à Constantine, 50 à Tlemcen. Alger et Constantine avaient chacune six à sept collèges secondaires, et l’Algérie était dotée de dix zaouia (universités).
 
Chaque village ou groupe d’habitants avait son école. Notre occupation leur porta un coup irréparable. Du moins, les avions-nous remplacées ? Mgr Dupuch nous répond, en déplorant qu’en 1840 il n’ait trouvé que deux ou trois instituteurs pour toute la province d’Alger. En 1880, on ne trouvait encore que treize (je dis bien treize) écoles franco-arabes pour toute l’Algérie. « Nous avons, dit notre grand orientaliste George Marcais, gaspillé l’héritage musulman à plaisir. »
Telle était la barbarie de ces barbaresques. Certes, les mœurs parfois frustes d’un peuple resté à l’écart, certains traits orientaux, le comportement expéditif de leur administration, leurs routines, leur indifférence au confort, leurs superstitions, leur pointilleuse dévotion choquaient nos sensibilités occidentales. Mais l’Algérie avait sa culture. Cet héritage méritait d’être préservé. « Le propre d’une civilisation n’est-il pas de savoir en accepter une autre sans la détruire ? » demandait Hamdan. En fait, ce fut une véritable extermination culturelle. (commentaire d’H. G. mais pas uniquement [1])
La commission d’enquête met ici les points sur les i : « Nous apportions à ces peuples les bienfaits de la civilisation, et de nos mains s’échappaient les turpitudes d’un ordre social usé. Nous avons débordé en barbarie les Barbares qu’on venait civiliser. ».  La discipline turque leur apparut sous nos pouvoirs comme une nostalgique oasis.

 

Rovigo est aussi brutal : « Notre seule supériorité sur eux, c’est notre artillerie, et ils le savent. Ils ont plus d’esprit et de sens que les Européens, et on trouvera un jour d’immenses ressources chez ces gens-là, qui savent ce qu’ils ont été et qui se croient destinés à jouer un rôle ».

«Ce qu’il faut, dit Tocqueville, c’est donner des livres à ce peuple curieux et intelligent. Ils savent tous lire. Et ils ont cette finesse et cette aptitude à comprendre qui les rend si supérieurs à nos paysans de France. »”

Source : Michel Habart, “Histoire d’un parjure”, pp. 137-139
 
 
 
« … Un plein baril d’oreilles… Les oreilles indigènes valurent longtemps dix francs la paire et leurs femmes, demeurèrent comme eux d’ailleurs, un gibier parfait… » (1). C’est en ces termes choisis qu’un général français racontait les exploits de ses troupes pendant la guerre de conquête de l’Algérie (2).
«… Tout ce qui vivait fut voué à la mort… On ne fit aucune distinction d’âge, ni de sexe… En revenant de cette funeste expédition plusieurs de nos cavaliers portaient des têtes au bout de leurs lances… ».

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 « … J’ai laissé sur mon passage un vaste incendie. Tous les villages, environ deux cents, ont été brûlés, tous les jardins saccagés, les oliviers coupés… Il est impossible de se figurer à quelle extrémité nous avons réduit ces malheureuses populations ; nous leur avons enlevé pendant quatre mois, toutes leurs ressources en blé et en orge. Nous leur avons pris leurs troupeaux, leurs tentes, leurs tapis, tous leurs objets de ménage, en un mot toute leur fortune… ».
 
C’est ainsi que, il y a environ deux siècles, la France civilisait l’Algérie….selon les chroniqueurs français . 
 
De nos jours, grâce à leurs harkis islamistes (Frères Musulmans, Al-Qaïda, Daech, Al-Nosra, etc.), les Occidentaux (France et USA en tête) sont en train d’imposer leur civilisation et leur sens de la démocratie aux barbares syriens, irakiens, libyens, tunisiens, égyptiens …. et autres. Il est vrai que ces arabo-barbares n’ont inventé ni bombe atomique, ni OGM, ni guerre bactériologue. Ils n’ont même pas les bases les plus élémentaires de la Civilisation Moderne tel que  le mariage homosexuel, le commerce de fœtus et le commerce de bébés. Des sauvages incultes…..
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