L'Islam, religion de la science

Publié le par Ahmed Miloud

Mot à dire d'abord 

Les premiers versets révélés au Prophète et Messager d'Allah, Mohammed ibn Abdullah, bénédictions et salut d'Allah sur lui, ont été ceux de la sourate 96, Al-Alaq, versets 01 à 05 :

"Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Lis! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume [le calame], a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas."

La science en Islam est un acte de foi et sa substance.Allah dit :"Sache donc qu'en vérité, il n'y a point de divinité à part Allah."(Coran 47 : 19)

Le savoir mène à la connaissance du Créateur des cieux et de la terre,Allah, Le Dieu Unique ,Seigneur de l'Univers.Sans ce savoir, l'être humain est perdu.

 

Au regard d’une actualité dénigrante du fait « arabe » et « musulman », il est essentiel de lire le merveilleux ouvrage d’une occidentale, Sigrid Hunke, qui relate, grâce à un récit fourni et vivant, les liens intrinsèques de l’Orient et de l’Occident à travers la formidable aventure humaine, scientifique et culturelle de la civilisation arabo-musulmane, à la lumière des immenses réalisations des savants musulmans. A la lecture du « soleil d’Allah brille sur l’Occident », on s’interroge finalement :

Christophe Colomb aurait-il redécouvert l’Amérique sans son astrolabe conçu et réalisé par les Arabes ? Les engins occidentaux auraient-ils atteint la planète Mars si, bien longtemps avant eux, des Arabes n’avaient cessé d’observer rigoureusement le ciel ? Dans la mesure où les progrès technologiques modernes s’inscrivent dans la longue chaîne des connaissances universelles, il est indéniable d’affirmer que les musulmans ont, à une époque, contribué à révéler de nouvelles découvertes scientifiques.

Sigrid Hunke rend hommage à ces inventeurs de génie, trop longtemps ignorés des manuels scolaires et aujourd’hui encore souvent réduits au rôle de simples traducteurs des textes des Anciens. Son livre, traduit de l’allemand par Solange et Georges de Lalène, allie la richesse d’informations d’une encyclopédie à un style clair et vivant qui rend sa lecture fluide comme un roman.

Au fil du texte, on comprend comment l’Islam invite à l’observation et l’analyse des phénomènes naturels, à la recherche intellectuelle, au progrès et à la science. La référence religieuse sert de moteur à la dynamique de la créativité humaine dans des domaines aussi variés que les sciences, la littérature ou l’architecture. A une époque où l’Eglise, de son côté, privilégie l’obscurantisme et l’élitisme, l’Islam parait d’une grande modernité.

On s’étonne de découvrir à quel point notre quotidien est agrémenté d’expressions arabes : le petit café du matin avec un peu de sucre, le verre de limonade dégusté sur le sofa ou sur le divan, la jaquette, la blouse, le jupon, ou encore le mohair, la cotonnade…sans compter le safran, l’estragon, la muscade…Grâce au commerce, les marchands arabes ont introduits en Europe les épices, le coton, les tissus, le papier (précieux support de la vie intellectuelle), ou encore la boussole ou les notions d’hygiène.

 

Et que dire des multiples apports scientifiques des arabes dans les domaines des mathématiques, de l’astronomie et de la médecine ? Pour le musulman, l’univers entier est la preuve de l’Unité de Dieu. Allah, dans le Coran, invite le croyant à observer le ciel, les étoiles et toute Sa Création. Il est alors naturel pour le fidèle d’explorer les sciences naturelles, astronomie, physique ou médecine.

Le génie des arabes est d’avoir su étudier et traduire les ouvrages des savants grecs, indiens ou chinois en les critiquant et en apportant de nouvelles conclusions. Ce n’est que par le biais des ouvrages arabes, traduits en latin, que l’occident, à partir de la Renaissance, pourra se lancer dans la grande aventure scientifique du monde moderne. Peut-on imaginer l’étude des mathématiques modernes, de l’algèbre, sans l’adoption de la numération décimale par l’humanité entière ? Déjà, bien avant Copernic, les arabes avaient émis l’hypothèse de la rotation de la terre autour du soleil, ils avaient établis des catalogues d’étoiles et construit des observatoires. Ils connaissaient les mécanismes de la circulation sanguine et avaient abordé les domaines de l’ophtalmologie, la psychiatrie, la chirurgie…dont les traités de la Renaissance se sont largement inspirés.

Comment de telles avancées ont-elles été possible ? Plusieurs paroles du Prophète de l’Islam nous renseignent : « L’étude de la science a la valeur du jeûne, l’enseignement de la science celle d’une prière », ou encore : « Quiconque part à la recherche de la science agit pour la cause de Dieu jusqu’à ce qu’il retourne chez lui ». Ainsi, la ferveur religieuse a engendré l’émulation intellectuelle. Dans tout le monde arabe, les enfants, garçons et filles, fréquentent l’école, les bibliothèques regorgent de manuscrits anciens prêts à être traduits. Le butin du vaincu se négocie en ouvrages et traités antiques ! Rien d’étonnant alors que certains princes occidentaux éclairés, en Sicile ou en Espagne aient été fascinés par le génie arabe, que des croisés ou de simples voyageurs aient adoptés le style de vie de ces arabes si raffinés. Ces monarques, ces pèlerins, ces marchands furent dès lors les vecteurs de transmission de l’immense savoir oriental vers la sphère occidentale.

On ne saurait étudier aujourd’hui l’histoire de l’Occident sans rendre compte de l’héritage de la brillante civilisation arabo-musulmane.

Nous laisserons à Sigrid Hunke le soin de conclure son magistral ouvrage par ces mots «  La haine religieuse et l’intolérance ont toujours été les pires conseillères des peuples, leur fomentation l’ennemi de toute vie et de tout progrès. Que les peuples ne puissent, au contraire, atteindre leur plus grand épanouissement sans des échanges et une considération réciproque, sans l’ouverture de toutes leurs frontières et une amicale concurrence, voilà ce que ne manque pas de confirmer l’histoire étrange (marquée à la fois par la répulsion et l’attirance, l’hostilité et l’envoûtement) des relations entre le monde musulman et l’Occident, relations, qui en dépit de la méfiance et de la haine ont été pour l’univers un immense bienfait »

Source :

https://oumma.com/le-soleil-dallah-brille-sur-loccident/

 

 

Ce que notre langue leur doit
La langue arabe offre à la langue française force mots, sans que personne ne s’en doute. Que la langue arabe vienne en troisième position après l’anglais et l’italien a de quoi surprendre.
Dans l’alimentation, par exemple, une pastèque, des artichauts, des aubergines, des épinards à l’estragon, une mousseline, un sorbet arrosé de sirop, en buvant de la limonade ou une orangeade, pour finir avec un café, sans sucre, et un alcool, tout cela vient du monde arabe. Pour la mode, une jupe de coton, un gilet de satin, un caban ou une gabardine... Pour le savant, l’algèbre, les algorithmes, les chiffres...
Tous les domaines de l’existence sont ainsi répertoriés pour rappeler les mots arabes que nous utilisons, qu’il s’agisse de la flore, de la faune, des parfums et bijoux, de l’habitat, des transports, de la guerre, des couleurs, des fêtes, de la musique, des lettres et des arts, des religions, etc. Sans oublier les effets sur notre langue de la colonisation, de la guerre d’Algérie, du rap...
Pour Lavisse, « Nos ancêtres les Gaulois » étaient avant tous des barbares et sans les Romains et la civilisation arabe, qui a irrigué tous le Moyen Âge, la Renaissance aurait encore tardé.
Jean Pruvost nous offre une nouvelle fois l’occasion de nous plonger dans le grand voyage des mots de la langue française.

Source :

https://books.google.dz/books/about/Nos_anc%C3%AAtres_les_Arabes.html?id=bOMoDgAAQBAJ&source=kp_cover&redir_esc=y

L’apport de la civilisation arabo-musulmane au développement et à la connaissance des sciences s’étend sur près de 800 ans (VIIIème-XVème siècle), avec deux apogées : autour du califat de Bagdad puis autour du califat de Cordoue. Cette histoire s’inscrit chronologiquement entre la période antique dominée par les Grecs (et les Byzantins) et le début de la période moderne européenne. Ainsi, la civilisation arabo-islamique constitue t-elle le « vrai maillon qui relie le vieux monde à l’Occident en devenir « .

Le terme de « maillon » ne doit pas être compris de façon limitative, dans le sens d’un simple relais. En effet, les musulmans ou les Arabes ne se sont pas contenté – loin s’en faut – de transmettre les connaissances du monde antique, via les traductions des œuvres scientifiques et philosophiques grecques, vers l’arabe ou le persan. Il s’agit de reconnaître la place importante qui leur revient et l’apport indéniable de leurs réalisations scientifiques.

Les raisons principales, généralement avancées pour expliquer l’intérêt de la civilisation arabo-islamique pour les sciences, sont de deux ordres.
D’une part, le processus d’assimilation et de réception ouverte aux savoirs étrangers dans les pays conquis par les Arabes ou les musulmans s’est effectué dès les premières conquêtes. Cette disposition à s’approprier les connaissances en vigueur dans les pays conquis favorise le phénomène des traductions du grec, du syriaque et du sanskrit, vers l’arabe ou le persan, soutenu par les pouvoirs politiques conquérants.
D’autre part, la place prééminente donnée au savoir dans la religion musulmane porte et accompagne les civilisations musulmanes vers l’écriture, et donc la production de manuscrits scientifiques et philosophiques. « Ni l’utilitarisme pratique qui a pu rendre les musulmans désireux de connaître la médecine, l’alchimie, les sciences exactes, ni l’utilitarisme théorique qui les a amenés à s’occuper de questions philosophiques et théologiques n’auraient peut-être suffi à fonder une activité de traduction étendue, si la religion de Muhammad n’avait pas, dès le début, accordé une place prééminente au rôle du savoir (`ilm) comme principale force motrice de la vie religieuse et partant de la vie humaine dans sa totalité (…). Sans cette position centrale, voire cette vénération pour ainsi dire religieuse du «savoir» inhérente à l’Islam, l’activité de traduction aurait probablement été moins scientifique, d’une moindre portée et probablement beaucoup plus limitée aux strictes nécessités de l’opportun que cela n’a été le cas ».

Durant cette longue période, le rôle des scientifiques arabes dans le développement des sciences est « considérable et même essentiel. Ce sont eux qui ont permis la pérennisation de la science grecque. De ses résultats certes, mais plus encore de sa problématique , de ses interrogations, de son questionnement… Sans les Arabes, ce corpus de connaissances aurait peut-être disparu. ». Il n’est pas douteux non plus qu’ils ont beaucoup emprunté aux Indiens et que, sans eux, le savoir indien n’aurait pas pénétré en Occident. »

2) Sélection de références bibliographiques consultables à la Bibliothèque :

– Une Histoire de la science arabe : introduction à la connaissance du patrimoine scientifique des pays d’islam / Ahmed Djebbar , entretiens avec Jean Rosmorduc .- Paris : Seuil , 2001 .- 385 p. : cartes, ill., couv. ill. en coul. ; 18 cm .- (Points ; Sciences)
Bibliogr. Index .- 2-02-039549-5
Bibliothèque IMA 503 DJE

– L’Age d’or des sciences arabes : exposition présentée à l’Institut du monde arabe, Paris, 25 octobre 2005- 19 mars 2006 / .- Paris : IMA : Actes Sud , 2005 .- 320 p. : carte en coul., ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 29 cm
Bibliogr. .- 2-7427-5672-8
Bibliothèque IMA 704 (44) AGE / 602 AGE

– Ce que la culture doit aux Arabes d’Espagne / Juan Vernet ; trad. de l’espagnol par Gabriel Martinez Gros .- Paris : Sindbad , 1985 .- 461 p. : couv. ill. en coul. ; 23 cm .- (La Bibliothèque arabe ; L’histoire décolonisée)
Trad. de : « La Cultura hispanoarabe en Oriente y Occidente ». – Notes bibliogr. Index .- 2-7274-0117-5

– La Médecine arabe et l’Occident médiéval / Danielle Jacquart et Françoise Micheau .- Paris : Maisonneuve et Larose , 1996 .- 272 p. : couv. ill. ; 22 cm .- (Références)
2-7068-1265-6
Cote Bibliothèque IMA 602.1 JAC

– Les Chiffres ou l’ Histoire d’ une grande invention / Georges Ifrah .- Paris : Laffont , 1985 .- 334 p. : ill., couv. ill. en coul. ; 25 cm .- (La Fontaine des sciences)
Bibliogr. Index .- 2-221-00936-3
Cote Bibliothèque IMA 501 IFR

– Adam et l’évolution : islam et christianisme confrontés aux sciences / sous la direction de Brigitte Maréchal et Felice Dassetto ; avec la collaboration de Philippe Muraille .- Louvain- la- Neuve : Academia- Bruylant , 2009 .- 1 vol. (287 p.) : couv. ill. en coul. ; 22 cm .- (Science, éthique et société : 4)
978-2-87209-932-0
Cote Bibliothèque IMA 209 ADA

– Islam et scientificité occidentale / Halim Herbert .- Paris : Centre d’études et de documentation islamique , 1984 .- 17 p. ; 23 cm
Texte d’ une intervention au Colloque organisé par la mosquée al-Rahma à Lyon, du 12 au 14 mai 1983, sur le thème : « Islam, sciences, recherches ». – Notes bibliogr.
Cote Bibliothèque IMA 505 HER

– The Touch of Midas : science, values and environment in Islam and the West / ed. by Ziauddin Sardar .- Manchester : Manchester university press , 1984.- X- 253 p. ; 23 cm
Notes bibliogr. .- 0-7190-0974-X
Cote Bibliothèque IMA 505 TOU

– La double perspective : la science arabe et l’ art de la Renaissance / Hans Belting .- Lyon : Presses universitaires de Lyon , 2010 .- 1 vol. (55 p.) : ill. en coul., couv. ill. ; 19 cm
978-2-84066-384-3
Cote Bibliothèque IMA 709 BIL

– L’ épopée de la science arabe / Danielle Jacquart .- Paris : Gallimard : Institut du monde arabe , DL 2006 .- 1 vol. (128 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 19 cm .- (Découvertes Gallimard : 479 ; Sciences et techniques)
2-07-031827-3
Cote Bibliothèque IMA 502 JAC

– L’ apport scientifique arabe à travers les grandes figures de l’époque classique / Salah Ould Moulaye Ahmed .- Paris : Unesco , 2004 .- 274 p. : ill., couv. ill. en coul. ; 25 cm .- (Histoire plurielle)
En ann. « Quelques mots et noms d’ origine arabe ».- Bibliogr. Index. Glossaire .- 92-3203975-3
Cote Bibliothèque IMA 502 OUL

– Héritages arabes : des noms arabes pour les étoiles / Roland Laffitte .- Paris : Geuthner: Cahiers de l’Orient , 2001 .- 272 p. : couv. ill. en coul. ; 21 cm .- (Les Geuthner)
Notes bibliogr. Index des principaux noms arabes de constellations et d’étoiles. Glossaire .- 2-7053-3712-1
Cote Bibliothèque IMA 502.2 LAF

– Occident et Proche- Orient : contacts scientifiques au temps des croisades : actes du colloque de Louvain- la- Neuve, 24 et 25 mars 1997 / éd. par Isabelle Draelants, Anne Tihon, Baudouin van den Abeele ; ; Université catholique de Louvain, Centre interfacultaire d’ étude en histoire des sciences .- Turnhout : Brepols , 2000 .- V-404 p. : ill., couv. ill. en coul. ; 23 cm .- (Réminisciences : 5)
Notes bibliogr. Index .- 2-503-51116-3
Cote Bibliothèque IMA 947 OCC

– La Diffusione delle scienze islamiche nel Medio evo europeo .

– Arab contribution to civilization / by Rom Landau ; pref. by A. J. Arberry .- San Francisco, Cal. : The American academy of Asian studies , 1958 .- 79 p. : ill. ; 22 cm
Cote Bibliothèque IMA 940.4 LAN

3) Sélection de sites sur les sciences arabes :

– Blog IMA/TV5 sur les sciences arabes :
http://blogedu.tv/imactionseducatives/les-sciences-arabes >

– Exposition IMA en ligne : l’Age d’or des sciences arabes :
http://www.imarabe.org/exposition-ima-267 >

– Article « l’incroyable essor des sciences arabes » : revue Réflexiences
http://www.reflexiences.com/dossier/102/l-incroyable-essor-des-sciences-arabes/ >

– Article : Les sciences arabes au Moyen-Age Ed. Dulaurier, Revue des 2 mondes, 1851
http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Sciences_arabes_au_moyen-%C3%A2ge >

– Les sciences arabes, de l’héritage gréco-indien à la réception européenne : site de Paroles de chercheurs, pour un partage des savoirs :
http://www.paroledechercheurs.net/spip.php?article860 >

Source :

https://www.google.dz/amp/www.eurekoi.org/quels-sont-les-apports-de-la-civilisation-musulmane-aux-sciences/amp/#ampshare=http://www.eurekoi.org/quels-sont-les-apports-de-la-civilisation-musulmane-aux-sciences/

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