L'Émir Abdelkader l'Algérien, inspirateur des Droits de l'Homme

Publié le par Ahmed Miloud

Lors de la lutte de l'Émir Abdelkader l'Algérien contre l'armée coloniale française, il (l'Émir) publia son fameux décret de 1843 dans lequel il ordonna de bien traiter les prisonniers français. 
“Dans ce décret, il est expressément disposé que tout soldat de l’Émir ayant un prisonnier français ou chrétien en sa possession est tenu pour responsable de la façon dont il est traité. Il est, en outre, sous peine de la sanction la plus sévère, tenu de conduire sans délai le prisonnier, soit au khalifa le plus proche, soit devant l’Émir lui-même. Au cas où le prisonnier se plaindrait du plus léger des sévices, le soldat qui l’a capturé perdrait tout droit à la récompense . Ce décret de l’Émir, même si la primeur lui a été “volée” par la Convention de Paris de 1857, n’en demeure pas moins que l’Histoire retiendra qu’il reste une référence, reconnue d’ailleurs par Henry Dunant “dont l’Algérie s’honore de l’attachement qu’il lui vouait, lui le meunier de Sétif”(1), ainsi que par l’autre humaniste, Solferino, pour ceux qui ont toujours milité pour le droit humanitaire. Quoi qu’il en soit, “les faits sont têtus et les règles pour lesquelles a milité Henry Dunant, dont l’action militante a été le déclencheur du mouvement humanitaire international, ont été par une conjonction de l’histoire, pour l’essentiel, consacrées par le décret de 1843 de l’Émir Abdelkader, telle l’affirmation de la responsabilité de la puissance détentrice des prisonniers consacrée en 1949 par l’article 12 de la troisième Convention de Genève”.(2)


Précurseur du droit humanitaire sur son propre territoire, l’Émir Abdelkader le fut tout autant en terre d’exil puisque, en prenant position dans le domaine de la protection des minorités, il a pu sauver des milliers de chrétiens du massacre lors de son exil forcé en Syrie. Ce fait historique lui valut d’ailleurs la reconnaissance des souverains chrétiens de l’époque et notamment celle du pape Pie IX qui lui décerna une distinction de l’ordre papal(3).

Il va sans dire que l'Émir, personnage pieux, ne faisait qu'appliquer les Commandements de l'Islam en matière de traitement des prisonniers de guerre(4).

Notes :

(1) Voir le livre de Jacques Pous: Henry Dunant, l'Algérien. Préfacé par Henri Guillemin aux éditions Grounauer en 1979.

(2)Voir " l'Émir Abdelkader, précurseur incontesté du droit international humanitaire :

https://www.memoria.dz/nov-2013/figures-historiques/l-mir-abdelkader-pr-curseur-incontest-droit-international-humanitaire

(3) Voir article à ce sujet :

https://oumma.com/lemir-abdelkader-une-linfluence-qui-depasse-le-cadre-meme-du-monde-arabo-musulman/
​​​

(4) Voir article :

http://www.islametmusulmans.com/recherches/le-traitement-des-prisonniers-de-guerre-dans-lislam.html

Article sur le même sujet ;

https://croire.la-croix.com/Definitions/Figures-spirituelles/Figures-de-justice-et-de-paix/Abd-el-Kader-l-emir-qui-sauva-des-chretiens

Ahmed Miloud

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